La pomme de terre française passe à l’offensive

Paris (France), 24 octobre 2002 – Boudée par un consommateur peu enclin à cuisiner, la bonne vieille pomme de terre veut reconquérir sa place: industriels et créateurs de nouvelles variétés, largement représentés au Salon international de l’alimentation (SIAL), mettent les bouchées doubles pour relever le défi.

« Après avoir régulièrement baissé, la consommation s’est aujourd’hui stabilisée autour de 30 à 35 kg de pommes de terre fraîches par an et par Français », a expliqué à l’AFP Laurence Silbert, responsable de la communication du Comité interprofessionnel de la pomme de terre (CNIPT).

Si l’image du tubercule reste bonne, grâce à une information tournant autour de ses qualités nutritionnelles, la pomme de terre fraîche a perdu des parts de marché au profit des produits transformés (frites précuites, etc). D’où l’importance de séduire les amateurs avec de nouvelles variétés.

C’est le travail des spécialistes de Germicopa, une société basée à Quimper (Finistère) numéro un du secteur en France. Une tâche de longue haleine, puisqu’il faut 10 ans entre le début d’un projet et la mise en vente du nouveau produit.

« La difficulté est d’être à l’affût de ce que le consommateur voudra déguster dans 10 ans », dit Thierry Terouanne, directeur du marketing de l’entreprise.

Au goût du jour ? Les variétés à chair ferme, comme Amandine et Chérie où, plus ancienne, comme la Charlotte, sachant qu’il existe quelque 140 sortes de pommes de terre en France.

Le consommateur, pas toujours averti, a tendance à se préoccuper plus de l’aspect que du goût. « Actuellement, on trouve sur le marché une pomme de terre hollandaise, Agata, très flatteuse dans les rayons, facile à produire, mais médiocre en bouche », déplore M. Terouanne devant le succès remporté par le tubercule néerlandais.

Pour lui, l’avenir passe par les petits formats, « les chairs fermes babies », rapides à cuire. Germicopa planche également pour pallier « un manque terrible: celui d’une bonne pomme de terre à frites ». Car il est urgent de remplacer la traditionnelle Bintje en passe de disparaître des étals à cause de sa laideur. La petite nouvelle devrait faire sa sortie dans un an tout juste.

Du côté des négociants, on soutient fermement l’innovation, indispensable à la relance du marché. « Il faut valoriser les produits à travers des variétés spécifiques, des utilisations culinaires innovantes et un packaging dans l’air du temps », dit le responsable du marketing de Pom’Alliance, qui collecte, conditionne et commercialise une cinquantaine de variétés.

Avec quelque 800 000 tonnes exportées par an, la France est le premier exportateur européen en valeur, surtout à destination de l’Espagne, de l’Italie et du Portugal. C’est le consommateur espagnol (avec 49% des exportations de la zone Europe du Sud) qui est le plus friand de pommes de terre françaises.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Sial

http://www.sial.fr

Commentaires