La production bovine française a repris en 2001

Paris (France), 21 mai 2002 – Affectée par la crise de l’automne 2000, la production bovine française s’est en partie rétablie l’an dernier, soutenue par les mesures de dégagement des marchés, qu’il s’agisse du retrait des animaux de plus de 30 mois ou d’achats spéciaux, selon un bilan du ministère de l’Agriculture et de la Pêche.

Quant à la consommation et aux exportations, elles sont reparties au second semestre, sans toutefois retrouver leur niveau de 2000, précise le ministère dans sa revue « Agreste Primeur ». Cette reprise a permis d’écouler une large part des animaux retenus dans les élevages du fait de la crise de la « vache folle » (ESB, encéphalopathie spongiforme bovine), à laquelle se sont ajoutés les effets de la fièvre aphteuse au premier semestre 2001.

En matière de production, l’année 2002 semble s’engager sous de meilleures perspectives que 2001. Reste que les cours des gros bovins, légèrement plus favorables que l’an passé, demeurent bas pour les vaches de qualité et les génisses.

Avec 1,8 million de tonne-équivalent-carcasse (TEC) en 2001, la production bovine a retrouvé un niveau proche de 1999, mais est restée inférieure de 0,7% en poids.

En compliquant la recherche de débouchés dans l’Union européenne, l’ESB et la fièvre aphteuse ont également pesé sur les exportations de viande bovine, qui ont reculé de 43% en 2001. Elles ne représentaient plus que 9% des ventes, contre 17% en 2000.

Si 90% de ces exportations partent vers l’UE, et surtout vers la Grèce, l’Italie et l’Allemagne, les ventes aux pays tiers ont baissé de moitié, bon nombre ayant fermé leurs frontières à la viande française en 2001.

La consommation de viande bovine a elle amorcé sa reprise dès janvier 2001 et a poursuivi sur sa lancée tout au long de l’année malgré la fièvre aphteuse et la hausse des prix au détail. A la fin de l’an dernier, elle se rapprochait des niveaux d’avant-crise tout en demeurant inférieure de 1% en moyenne à son niveau de 2000 et de plus de 6% à celui de 1999.

Un signe qui ne trompe pas: pour la première fois, en 2001, la volaille a été davantage consommée que le boeuf, en raison de la substitution entre les viandes. Les Français en ont ainsi acheté en moyenne 26kg par habitant, soit 900 grammes de plus que du boeuf.

Comme lors de la crise de la « vache folle » de 1996, la demande française s’est repliée sur l’offre intérieure. Ce mouvement s’est traduit par une baisse des importations de viande bovine, qui ne représentaient plus en 2001 que 16% de la consommation, contre 21% en 1999 et en 2000.

Au-delà des indicateurs conjoncturels, le ministère constate dans « Agreste Primeur » que l’effectifs des éleveurs spécialisés en viande bovine diminue moins vite que celui des autres exploitants. Les spécialistes en bovins étaient 78.000 en 2000, contre 91.000 au recensement de 1988. Cette baisse, qui atteint 1% par an, est une des plus faibles des professions agricoles. Elle s’explique en partie par les aides substantielles dont bénéficient les éleveurs depuis la réforme de la politique agricole commune de 1992.

Source : AP

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