L’atrazine est responsable de changements de sexe chez les grenouilles

France, 6 novembre 2002 – L’atrazine est responsable de changements de sexe chez les grenouilles. C’est ce qu’annonce un biologiste dans la revue Nature du 31 octobre. Chez les grenouilles léopards (Rana pipiens), une espèce courante en Amérique du Nord, les mâles deviennent hermaphrodites quand ils nagent dans des mares contaminées par de l’atrazine.

Tyrone Hayes, de l’Université de Californie à Berkeley, a prélevé des échantillons d’eau, ainsi qu’une centaine de grenouilles léopards, dans les zones agricoles de huit États américains (de l’Utah à l’Iowa). A ces endroits, l’utilisation d’atrazine est suffisamment importante pour que des traces de ce produit se retrouvent dans l’eau des mares et des rivières. Tous les sites présentaient des cas de mâle hermaphrodite. Les organes sexuels de nombreux mâles avaient des retards de croissance ou des malformations, comme la présence d’ovocytes dans les testicules. Le chercheur a vérifié qu’il n’y avait pas de cas d’hermaphrodisme en l’absence d’atrazine et en a conclu que l’herbicide est responsable de ces effets sur les populations sauvages.

Ces résultats confirment l’étude précédente de Tyrone Hayes sur les perturbations sexuelles induites par l’atrazine chez les amphibiens. Dans les Comptes-rendus de l’Académie américaine des sciences du 16 avril dernier, il rapportait avoir exposé des crapauds mâles d’Afrique du Sud, les Xenopeus laevis, à de l’eau contenant différentes concentrations d’atrazine. Il avait constaté que même de très faibles taux du désherbant, quelques parties par milliards dans l’eau, suffisaient à entraîner, chez les mâles, le développement d’ovaires, en plus de leurs testicules.

Toutefois, des interrogations restent sans réponse. Les mesures n’expliquent pas pourquoi les taux d’anomalies varient entre 10 % et 90 % dans des endroits où la concentration d’atrazine est identique.

Depuis 1999, l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) étudie le dossier de l’atrazine, pour savoir si elle doit en interdire l’usage. Chaque année, ce sont des milliers de tonnes de ce pesticide qui se retrouvent dans les champs nord-américains, comme les champs de maïs, pour détruire les mauvaises herbes. Certains pays européens, comme l’Allemagne et la France, en ont interdit l’usage depuis qu’on a découvert des traces d’atrazine dans l’eau potable.

Source : Cybersciences

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

United States Environmental Protection Agency (US EPA)

http://www.epa.gov/

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