L’autoroute 30 ne passera pas en zone agricole

Québec (Québec), 6 février 2003 – Le ministre d’Etat aux Affaires municipales et à la Métropole, à l’Environnement et à l’Eau, M. André Boisclair, annonce que le gouvernement a autorisé par décret la construction du dernier tronçon de l’autoroute 30, qui reliera Sainte-Catherine à l’autoroute 15 au Sud de Montréal. Le tronçon à construire, qui s’étendra sur
une longueur de 7,7 km, traversera les municipalités de Sainte-Catherine,

Saint-Constant, Delson et Candiac et le coût total du projet est évalué à
178 millions de dollars.

Deux options étaient en jeu : construire l’autoroute au Nord, dans l’axe
de la route 132 actuelle en milieu urbain, ou opter pour un tracé situé au Sud
et traversant le secteur agricole. Considérant que le tracé retenu est jugé
acceptable sur le plan de l’environnement, qu’il suit l’axe du développement
économique et commercial de ce secteur et qu’il respecte les orientations
gouvernementales en matière d’aménagement, notamment celle qui vise à protéger
le territoire agricole, le gouvernement a décidé d’autoriser le prolongement
de l’autoroute 30 dans l’axe de la route 132. Cette autorisation est assortie,
toutefois, de conditions qui assurent le maintien de la qualité de vie des
résidents qui habitent à proximité et la protection de l’environnement
biophysique.

Après la tenue d’une audience publique sur le projet et l’analyse de plus
de 90 mémoires, le Bureau d’audience publique sur l’environnement (BAPE), tout
en convenant que les deux options possédaient des avantages distincts,
concluait qu’il serait préférable de faire passer l’autoroute au sud de la
Municipalité de Saint-Constant, en secteur agricole. Il proposait toutefois
des mesures d’atténuation si le tracé en milieu urbain était retenu.

La Commission de protection du territoire agricole (CPTAQ) s’est
vigoureusement opposée au tracé sud. A son avis, la soustraction de 80
hectares de terres agricoles de classe 2 représenterait une perte irrémédiable
pour l’agriculture. De plus, la réalisation d’un tronçon d’autoroute dans la
zone agricole est incompatible avec les objectifs de protection du territoire
et des activités agricoles proposés par la « Loi sur la protection du
territoire et des activités agricoles ». Ainsi, environ 435 hectares de terres

agricoles auraient été enclavés.

Par ailleurs, l’évaluation environnementale réalisée par le ministère de
l’Environnement a conclu que le projet de construire le tronçon au Nord, dans
l’axe de la route 132, est acceptable à condition que l’on atténue certains
inconvénients. Ainsi, outre les mesures d’atténuation prévues dans l’étude
d’impact sur les différents aspects du projet, notamment l’accès aux rues
secondaires et aux commerces en tout temps, le décret exige des mesures pour
limiter le bruit susceptible de déranger les occupants des résidences et des
institutions situées à proximité de l’autoroute, tant dans la phase de
construction que dans celle de l’exploitation. Cette condition vise à éviter
toute détérioration du climat sonore ambiant actuel.

Le décret prévoit que le ministère des Transports établisse un programme
de suivi pour le bruit en effectuant des analyses après 1 an, 5 ans et 10 ans
de mise en service de l’autoroute. Un suivi de la qualité des eaux de
ruissellement ainsi que des aménagements paysagers sera fait également. Ces
programmes devront être élaborés avant que le ministère de l’Environnement
n’émette les certificats d’autorisation nécessaires à la réalisation du
projet.

Toujours en vertu du décret émis, le MTQ devra aussi contrôler la qualité
des eaux de ruissellement de la section de l’autoroute en dépression, gérer
les sols contaminés selon les exigences de la « Politique de protection des
sols et de réhabilitation des terrains contaminé » et prendre les mesures
appropriées pour conserver dans leur état naturel toutes les zones humides qui
se trouvent à proximité de l’autoroute 30.

Ce projet s’inscrit dans le parachèvement de l’autoroute 30 située sur la
rive sud du fleuve Saint-Laurent. Pour achever cette autoroute, il ne manque
plus que ce tronçon et celui qui doit relier Châteauguay à Vaudreuil-Dorion,
jusqu’à la jonction des autoroutes 20 et 540. Ce dernier tronçon avait reçu
l’aval du gouvernement en 1999. On peut consulter le décret d’autorisation et
le rapport d’analyse environnementale à l’adresse suivante :
www.menv.gouv.qc.ca

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE)

http://www.bape.gouv.qc.ca/

Ministère de l’Environnement du Québec

http://www.menv.gouv.qc.ca

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