Le Canada fait la promotion de la présence de 5 % d’OGM dans les exportations agricoles

Montréal (Québec), 11 février 2004 – Greenpeace a obtenu une confirmation officielle* que le gouvernement Martin a lancé une offensive pour miner le Protocole de Cartagena sur la biosécurité – le premier accord international qui régit le commerce transfrontalier des OGM (organismes génétiquement modifiés). Cet accord a été entériné à Montréal en janvier 2000. Le Canada ne l’a toujours pas ratifié. Pour la première fois, depuis son entrée en vigueur au mois de septembre dernier, les pays vont se réunir à Kuala Lumpur (Malaisie) pour en discuter, entre le 23 et le 27 février 2004.

« Greenpeace a appris que le Canada exemptera de l’étiquetage les exportations agricoles contenant jusqu’à 5 % d’OGM. Ce qui veut dire que des milliers de semences génétiquement modifiés (GE) se retrouveront dans un lot sans que le pays importateur le sache », explique Patrick Venditti, de la campagne OGM pour Greenpeace. « Cela est un affront à la biosécurité et démontre que le Canada est plus intéressé à défendre les intérêts corporatifs qu’à sauvegarder l’environnement. » Le gouvernement canadien est partenaire d’un accord trilatéral avec les États-Unis et le Mexique. Tous trois acceptent de facto ces 5 % d’OGM non déclarés, accompagnés d’une fiche import/export minimale. Cet accord servira de modèle à l’exportation agricole. Le gouvernement Martin a commencé à négocier pour l’imposer à d’autres pays.

« En négociant en marge du Protocole, le Canada l’amoindrit comme outil de lutte contre la contamination génétique dans le monde », précise Patrick Venditti. « Le modèle retenu par le Canada va miner la confiance des importateurs de produits agricoles canadiens parce que les produits pourraient contenir un pourcentage élevé d’OGM sans qu’aucun étiquetage en fasse mention. » Greenpeace s’étonne que le Mexique ait adhéré à cet accord trilatéral, étant donné qie le maïs mexicain a été contaminé par l’importation de maïs GE **. Il n’y a rien dans l’accord trilatéral qui aura pu ou préviendrait à nouveau une telle contamination.

« La signature de cet accord trilatéral légitimerait les contaminations génétiques passées, présentes et futures », déclare Éric Darier, Conseiller politique pour Greenpeace International.

« Cet accord va carrément à l’encontre des objectifs du Protocole sur la biosécurité. Il ne devrait pas être utilisé pour affaiblir l’esprit et la lettre du Protocole. » Patrick Venditti nous met en garde :« Les Canadiens devraient s’inquiéter du manque d’engagement du gouvernement Martin concernant la biosécurité. Il nous expose au risque de la contamination génétique. »

* Réponses des ministères fédéraux aux questions posées par Greenpeace sur les cultures OGM et le Protocole sur la biosécurité, 28 janvier 2004.
** Le 19 décembre 2002, l’Institut national d’écologie du Mexique a dévoilé une étude confirmant la présence d’OGM dans le maïs de la région d’Oaxaca (Sierra Jurez) et Puebla. Sur 2 128 plants analysés dans 21 villages, 7,6 % avaient été contaminés. Le taux de contamination génétique dans ces villages était variable oscillant entre 1 et 8 %. Ces résultats confirment les informations publiées dans la revue Nature, en novembre 2001, par le biologiste moléculaire Mexicain, Ignacio Chapela de l’université Berkely en Californie.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Greenpeace Canada
http://www.greenpeacecanada.org/

Commentaires