“Le ciel nous tombe sur la tête”, confie le premier agriculteur dont l’élevage a été touché par le H5N1

Paris (France), 25 février 2006 – « Le ciel nous tombe sur la tête »: le moral de Daniel Clair n’est pas au beau fixe, après confirmation de la présence du virus H5N1 dans son élevage de dindes à Versailleux (Ain), le premier en France à être touché par la souche hautement pathogène de la grippe aviaire.

« C’est très dur » d’être « confiné chez soi », a expliqué l’exploitant agricole samedi à France Inter. « Mais bon, de toute façon, il faut le faire parce que je veux protéger tout le monde ».

Daniel Clair a confié qu’il avait passé avec sa famille un jour « très difficile », jeudi, date de l’annonce de la suspicion de grippe aviaire dans son élevage de quelque 11 000 dindes. « Hier, (la journée a été) un peu moins (difficile), parce qu’on avait beaucoup de contacts, beaucoup de soutien d’amis, beaucoup de soutien agricole professionnel, notamment de M. le ministre » de l’Agriculture, Dominique Bussereau, qui « nous a appelés personnellement ».

Interrogé sur son quotidien, il a déclaré être « sorti de chez (lui) ce matin ». « J’ai eu une dérogation de la direction des services vétérinaires pour aller en course, récupérer mon courrier. Le minimum. On a fait des courses pour à peu près sept jours, maintenant, on va rester chez nous le plus possible », a-t-il souligné.

« On se soutient les uns les autres » mais « psychologiquement, il faut qu’on se remette », a ajouté l’éleveur. « On aurait pu avoir une cellule psychologique si on avait voulu. Il y en a une qui était en place dans le protocole. On a dit dans l’immédiat: ‘ca va aller’. On a quand même nos enfants qui étaient avec nous. On est en famille ».

« C’est sûr, cette quarantaine n’est pas facile à vivre », a-t-il aussi expliqué au « Parisien/Aujourd’hui en France » de samedi. « Mais je trouve ce traitement tout à fait normal. Il est essentiel de prendre des mesures de précaution pour que les autres élevages ne soient pas touchés », a-t-il observé, précisant que l’élevage de dindes représentait environ « 35% de (son) activité » et qu’il continuait de s’occuper de bovins.

Daniel Clair a confié avoir découvert jeudi « 400 cadavres » de dindes. « Et les autres » étaient « déjà mal en point. Un truc si fulgurant, j’ai tout de suite compris », a-t-il dit.

Par précaution, tous les oiseaux ont été abattus. Un périmètre de sécurité de trois kilomètres et une zone de surveillance de 10km ont été mis en place jeudi autour de l’élevage concerné.

Vendredi, les mesures de précaution ont été renforcées. La zone de surveillance mise en place a été étendue à 70 communes contiguës, dont six dans le département du Rhône.

Source : AP

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