Le dollar canadien dans la mire pour 2017

Comme bien d’autres secteurs de l’économie canadienne, l’agriculture est tributaire du dollar canadien en raison des exportations vers les États-Unis, dont certaines d’entre elles sont libellées en dollar américain. Jean-Philippe Gervais, économiste en chef à Financement agricole Canada (FAC), fait de la devise canadienne l’élément le plus important de 2017. Il indique qu’il « aura une incidence sur chaque entreprise, tout au long de l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement agroalimentaire en 2017 » puisque la variation du dollar américain peut avoir un impact direct sur les revenus, donc la rentabilité.

Avec la baisse des prix du pétrole en 2012, le dollar recule par rapport aux autres devises. M.Gervais estime que la tendance de 2016 avec un dollar faible devrait se poursuivre en 2017 avec une valeur aux alentours de 0,75 $US, en deçà de sa moyenne de cinq ans qui se situe à 0,88 $US. En rendant les denrées agricoles plus accessibles aux marchés étrangers, ce niveau du dollar est considéré positif pour les entreprises d’ici.

Pour les producteurs, la faiblesse de la devise devrait stimuler la demande, un élément important puisque les stocks, autant pour le bétail que les grains, devraient augmenter. À noter, les prix du bétail devrait s’améliorer en 2017 après leur plongeon l’année dernière. En résumé, les recettes devraient progresser, malgré le coût plus élevé pour les intrants.

Du côté des transformateurs de produits alimentaires, la faiblesse du dollar rendront les produits d’ici plus compétitifs. La tendance des dernières années devrait donc se poursuivre. FAC prévoit une progression de 5% en 2017 des exportations vers les États-Unis pour les produits canadiens alimentaires transformés.

Les agroentrepreneurs seront également favorisés, puisque plus de 90% de l’ensemble des exportations sont destinées aux États-Unis. Le taux de change compensera pour le ralentissement de l’économie agricole américaine. L’économiste de FAC note toutefois que l’influence du dollar sur ce groupe est complexe puisque les intrants comme l’engrais et l’équipement s’avèrent plus dispendieux lors d’un dollar faible.

FAC note que d’autres éléments auront une influence notable en 2017. C’est le cas du prix de l’énergie, le prix des produits de base, le contexte d’investissement et l’économie mondiale.

Sur le prix de l’énergie, le prix du baril devrait se stabiliser aux environs de 50 $US mais les questions sur les réserves et la demande seront importantes en 2017. Le prix des produits de base devrait demeurer faible en raison des réserves mondiales abondantes tout en posant des défis quant à la consommation et la demande d’exportations. Il faudra surveiller également les taux d’intérêt de part et d’autre de la frontière en raison de leur impact sur les investissements dans les économies respectives. Quant à l’économie mondiale, M.Gervais considère qu’elle sera un peu l’inconnue en 2017. Il faudra surveiller à ce niveau les échanges entre la Chine et les États-Unis, et leurs incidences sur les produits de base.

Source: FAC

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

Commentaires