Le développement régional : clé d’une croissance économique durable au Canada

Paris (France), 18 septembre 2002 – Des réformes structurelles continues, en particulier en matière de politique de développement régional, seront déterminantes pour une croissance économique durable au Canada, d’après l’étude que l’OCDE vient de consacrer au Canada dans sa série des Examens territoriaux de l’OCDE. Bien que le Canada soit bien placé pour profiter de la reprise économique attendue au second semestre de 2002, la capacité des économies locales d’offrir de nouvelles perspectives de croissance à long terme n’a pas encore été pleinement exploitée car, en particulier, on n’a pas suffisamment cherché à valoriser les avantages comparatifs des régions.

La faiblesse de la gouvernance au niveau local freine l’émergence de projets émanant de la base, dans de nombreuses régions du Canada. Ce n’est souvent que lentement que les résultats des travaux de recherche et de développement s’étendent aux petites entreprises dans les régions, et le dialogue entre les établissements d’enseignement supérieur et les entreprises n’est guère développé.

Les agences fédérales de développement régional pourraient s’employer à instaurer un environnement plus propice au développement des entreprises au niveau des régions, encourager la coopération et le travail en réseau et stimuler l’évolution vers des activités à plus forte intensité de connaissances. Les perspectives de croissance seront meilleures, aussi, si l’espace est mieux utilisé. Cela suppose un changement radical par rapport aux pratiques du passé : il faut que les politiques publiques s’attaquent aux problèmes des provinces en s’appuyant sur des régions fonctionnelles.

Les paiements de péréquation effectués par l’Etat fédéral ont contribué à la réduction des disparités entre les provinces, mais de nouvelles disparités sont apparues entre trois grandes régions fonctionnelles :
(i) le long corridor qui s’étend d’une côte à l’autre, le long de la
frontière sud du pays, et dans lequel se trouvent toutes les grands zones
métropolitaines ;

(ii) une frange, située immédiatement au nord de ce corridor,
constituée par les régions adjacentes, rurales et non métropolitaines ;
et,

(iii) les secteurs nord des provinces, très étendus et très

faiblement peuplés, et les trois territoires septentrionaux.

Les agences fédérales et les départements sectoriels doivent vérifier en permanence la cohérence de leurs politiques à l’égard de ces macro-régions, afin de renforcer la cohésion territoriale et d’adapter les programmes aux conditions locales.

Dans les zones urbaines, le regroupement des communes visait à corriger les pressions résultant de la fragmentation budgétaire qui entraîne une concurrence excessive entre les villes et un amoindrissement du rôle joué par les provinces. Cependant, l’étude de l’OCDE amène à se demander s’il ne serait pas plus intéressant d’encourager les collaborations horizontales entre les collectivités locales. Actuellement, il y a une
justification nouvelle à une implication plus poussée de l’Etat fédéral, non
pas pour reproduire une gestion centralisée mais au travers d’une planification négociée appuyée sur des mécanismes institutionnels formels pour des partenariats territoriaux entre les trois niveaux d’administration.

Un grand nombre de programmes visent les zones rurales mais, jusqu’à présent, l’effort financier en leur faveur reste minime. Il y a lieu, aussi, de regretter un soutien insuffisant à la gouvernance locale, une approche trop sectorielle et une prise en compte insuffisante des caractéristiques démographiques de la population locale.

Dans les trois territoires septentrionaux, l’activité économique dépend largement de l’extraction de pétrole et de gaz. La découverte de gisements de diamants, qui feront du Canada le premier producteur de diamants du monde, ouvre de grandes perspectives de développement économique, mais c’est aussi une menace pour l’environnement. Des politiques clairement définies en faveur d’un développement durable s’imposent, observe-t-on dans l’étude de l’OCDE, ajoutant que la résolution des problèmes de gouvernance, ce qui recouvre, notamment, l’achèvement du transfert de compétences aux gouvernements territoriaux, le règlement des revendications territoriales et les processus d’autonomie, est un préalable de toute stratégie en direction du Nord.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)

http://www.oecd.org/

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