Le fédéral doit faire les premiers pas pour améliorer les programmes de soutien

Ottawa (Ontario), le 11 janvier 2000 – Les agriculteurs canadiens, aux prises avec la plus grande crise du revenu agricole depuis la Crise de 1929 au cours du siècle dernier, commencent à se demander si le gouvernement est vraiment de leur côté.







Pendant que des bureaucrates et des hommes et femmes politiques se querellent au sujet des chiffres, les agriculteurs se retrouvent encore laissés à eux-mêmes.


L’avenir des programmes de soutien agricole au Canada a été relégué aux oubliettes par une dispute entre les gouvernements fédéral et provinciaux qui ne s’entendent pas sur la question de savoir qui devrait en assumer la responsabilité financière. Pendant que des bureaucrates et des hommes et femmes politiques se querellent au sujet des chiffres, les agriculteurs se retrouvent encore laissés à eux-mêmes.

« Il y a des gens qui attendent encore des paiements en vue de réclamations faites en 1998, affirme M. Bob Friesen, président de la Fédération canadienne de l’agriculture (FCA). Tout le monde nous dit qu’il est si important d’aider les agriculteurs à traverser cette période difficile, mais personne n’a le courage de ses convictions. »

Le Comité consultatif national sur la protection du revenu, coprésidé par M. Friesen, demande au gouvernement fédéral de mettre fin à l’impasse sur le financement et de se mettre à la tâche de concevoir des programmes significatifs à long terme pour l’industrie de l’agriculture. Dans une lettre adressée au ministre de l’Agriculture du gouvernement fédéral, M. Lyle Vanclief, le Comité a demandé que le gouvernement fédéral s’engage à contribuer 1,4 milliard de dollars pour la mise en œuvre d’un nouvel ensemble de programmes de sécurité du revenu agricole (auquel viendrait s’ajouter la contribution des gouvernements provinciaux).

« Tous les ordres de gouvernement doivent se rendre compte que ce qui cloche dans les programmes actuels, c’est qu’ils ne sont pas suffisamment financés, précise M. Friesen. Pour s’engager sérieusement envers les programmes de sécurité du revenu agricole à long terme, il faut nécessairement s’engager à leur accorder un financement adéquat. C’est la seule façon dont nous pouvons offrir aux agriculteurs de meilleurs programmes, soit un Compte de stabilisation du revenu net (CSRN), un programme de soutien du revenu agricole en cas de catastrophe et une assurance-récolte améliorés et c’est la seule façon dont les agriculteurs peuvent jouir de la stabilité et de la prévisibilité requises pour planifier à long terme. Le refus d’accepter cette réalité trahit un manque de soutien véritable aux agriculteurs et aux familles des agriculteurs. »

M. Friesen maintient que le gouvernement a la capacité et le devoir de prendre les devants en s’engageant envers des programmes futurs qui doivent être élaborés. Il affirme que les gouvernements provinciaux qui refusent d’investir leur part équitable dans ces programmes auront des comptes à rendre aux agriculteurs et qu’on ne devrait pas permettre que ces gouvernements retardent un processus national qui doit aller de l’avant. Même si le montant de l’aide financière du gouvernement fédéral de 1,4 milliard de dollars est plus élevé que celui que M. Vanclief a pu convaincre le cabinet du gouvernement fédéral d’affecter à d’autres mesures de soutien agricole, M. Friesen s’empresse de signaler que ce montant place le Canada bien en dessous des États-Unis, de l’Europe et du Japon en ce qui concerne le soutien accordé aux agriculteurs.

« Compte tenu du délai dans le processus de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) visant à éliminer les subventions aux agriculteurs dans d’autres pays ainsi que de l’environnement actuel de l’agriculture au Canada, nous devons concentrer nos efforts à améliorer les programmes de soutien actuels destinés aux agriculteurs canadiens, affirme M. Friesen. Plus nous attendons, plus les agriculteurs perdront et plus les programmes actuels auront probablement de la difficulté à répondre aux besoins croissants pour lesquels les ressources font déjà défaut… le gouvernement fédéral doit donner davantage le ton à ce sujet, c’est-à-dire qu’il doit accorder à M. Vanclief les ressources nécessaires pour accomplir cette tâche. »

M. Friesen s’empresse d’affirmer que l’aide financière du gouvernement fédéral de 1,4 milliard de dollars ne servira qu’à renouveler les programmes de sécurité du revenu agricole et non à aborder les problèmes plus sérieux auxquels l’industrie de l’agriculture primaire canadienne se trouve aux prises.

« Les programmes de sécurité du revenu agricole sont des outils de gestion du risque, précise le président de la FCA, ils ne peuvent pas commencer à résoudre certains des problèmes plus sérieux auxquels font face les agriculteurs canadiens, surtout en ce qui concerne les problèmes causés par le déclin du revenu agricole à long terme et les répercussions de cet appauvrissement sur la société rurale. Il s’agit là de problèmes auxquels on doit s’attaquer sans toucher à l’enveloppe de financement des programmes de sécurité du revenu agricole, c’est-à-dire qu’il faudra s’engager à fournir de nouvelles ressources. »

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture Canada

http://Aceis.AGR.CA/

Fédération Canadienne de l’agriculture

http://www.cfa-fca.ca/

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