Le maire de Moscou maintient l’embargo sur le poulet américain

France, 29 août 2002 – Les ministres américains du Commerce, Robert Zoellick et de l’Agriculture, Ann Veneman, n’étaient pas peu fiers d’annoncer la reprise des exportations de poulets vers la Russie après un embargo de six mois et de très nombreux contacts pour résoudre le problème. Les autorités sanitaires russes estimaient la marchandise américaine non conforme à leurs exigences et lui reprochaient notamment de contenir des bactéries susceptibles de provoquer des intoxications alimentaires : des salmonelles en l’occurrence. Pour les Etats-Unis, « il s’agissait là de rétorsions » et toute cette affaire était liée à la décision de Washington d’imposer une surtaxe de 30% à l’importation sur l’acier. Une mesure destinée à protéger la sidérurgie américaine en difficulté, qui coûtait de 400 à 500 millions de dollars par an à Moscou et que Washington vient d’alléger.

Après des mois de tractation autour de ce qui est un très gros enjeu commercial pour l’industrie agroalimentaire américaine, les Etats-Unis avaient donné des garanties sanitaires jugées satisfaisantes par une partie au mois des responsables russes. C’était semble-t-il compter sans le maire de Moscou, qui refuse l’accès de la capitale aux volatiles américains, soit un marché de 10 millions de consommateurs. Iouri Loujkov, rapporte l’agence de presse Itar-Tass, déplore que les ministres russes de l’Agriculture et de la Santé aient officiellement pris la décision de reprendre ces importations, alors que ces poulets contiennent des actiovateurs de croissance susceptibles de provoquer des problèmes d’obésité chez le consommateur.

L’an dernier, les Etats-Unis ont exporté 1,07 million de tonnes de découpes de poulets (soit 8% de la production américaine, mais 40% de leurs exportations totales de volailles et 20% des exportations américaines tous secteurs confondus sur cette destination) en Russie pour une somme de 630 millions de dollars et près de 31.000 tonnes de dindes (2% de la production américaine) pour 26,5 millions de dollars.

Marie-Josée Cougard
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Source : Les Échos

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