Le ministre Pettigrew dénonce les subventions américaines à l’agriculture

Paris (France), 15 mai 2002 – Le ministre du Commerce international, Pierre Pettigrew, a durement critiqué la décision des Américains d’augmenter leurs subventions à l’agriculture.

La disposition législative américaine, baptisée le « Farm bill« , est un projet « choquant », « horrible », « déplorable », « absolument incroyable » et « grotesque », qui reflète un « manque de cohérence totale », a jugé M. Pettigrew, venu assister à Paris à la réunion annuelle des ministres de l’économie de l’OCDE.

« C’est du protectionnisme, de la petite politique pas très éclairée, a déclaré le ministre. Etre leader mondial, ce n’est pas seulement des droits, c’est aussi des responsabilités et des devoirs. Je rappelle les Américains à leur devoir, qui est de nous diriger vers le progrès, et non pas de faire de la petite politique constamment, sur chaque dossier », a dit le ministre au cours d’une entrevue.

La décision de Washington d’augmenter ses subventions à l’agriculture et les droits de douanes sur l’acier (une mesure qui ne touchera pas le Canada) domine la rencontre ministérielle de l’OCDE, à laquelle n’assiste pas le représentant américain au Commerce, Robert Zoellick.

La réunion portant sur l’évolution de l’économie mondiale, la loi signée lundi par le président Bush, y a été mal accueillie. Dès le début de la rencontre, son président, le premier ministre belge Guy Verhofstadt, avait donné le ton en affirmant que le commerce mondial allait dans la mauvaise direction, après la décision américaine.

« Politiquement et moralement, c’est la mauvaise direction à prendre », a renchérit Pierre Pettigrew, en parlant d’un « leadership à l’envers ». L’an dernier, à Doha, les pays membres de l’OMC avaient appelé à réduire, voire à éliminer les subventions à l’exportation, pour favoriser le commerce mondial et soutenir les pays en voie de développement.

Six mois plus tard, les Américains, en s’engageant « carrément dans la voie contraire », font peser une menace sur le cycle des pourparlers ouvert au Qatar, estime le ministre canadien. La décision de Washington de hausser ses subventions agricoles de 70 pour cent sur 10 ans, constitue aussi, a-t-il ajouté, une « menace énorme » pour l’agriculture canadienne, où le gouvernement a mis fin dans les années 90 « à la folie des subventions ».

Les observateurs pensent que George Bush, en adoptant cette mesure, a surtout cherché à s’assurer du soutient des Etats agricoles à l’approche des législatives de novembre prochain.

M. Pettigrew pense pour sa part que l’administration Bush est surtout « incapable de repousser un lobby ou un autre », comme cela s’est produit dans le dossier du bois d’èuvre, où Washington se serait « écrasé » devant quelques sénateurs influents.

Cette incapacité, selon le ministre canadien, amène les Américains « à aller eux-mêmes à l’encontre des principes qu’ils ont proposés au monde depuis 50 ans ». « Ca va leur poser un moyen problème et se retourner contre eux à moyen terme », a prédit M. Pettigrew.

Source : Presse Canadienne

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Ministère des Affaires étrangères et du Commerce international

http://www.dfait-maeci.gc.ca/

Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)

http://www.oecd.org/

Commentaires