Le point sur l’acquisition Colbex-Levinoff

Longueuil (Québec), 31 mars 2005 – « Nous sommes aujourd’hui très fiers d’annoncer la signature du protocole d’acquisition des actifs de Colbex-Levinoff qui permettra aux producteurs de bovins du Québec de devenir actionnaires majoritaires du plus important plan d’abattage et de transformation de vaches de réforme dans l’Est du Canada, à compter du 1er janvier 2006. Le partenariat avec Colbex-Levinoff nous permettra d’assumerun plus grand leadership dans la commercialisation de notre produit etd’entrevoir l’avenir avec plus d’optimisme et cela, malgré le fait que lesfrontières restent toujours fermées aux animaux vivants et à un fortpourcentage de viande bovine. »

C’est en ces termes que réagissaient par voie de communiqué MM. LaurentPellerin, président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), MichelDessureault, président de la Fédération des producteurs de bovins du Québec(FPBQ) et Marcel Groleau, président de la Fédération des producteurs de laitdu Québec (FPLQ), à la récente signature du protocole d’acquisition de Colbex-Levinoff.

C’est sur la base d’une entente de principe intervenue entre les parties,le 2 décembre 2004, que la Fédération des producteurs de bovins du Québec etColbex-Levinoff ont finalisé les termes et conditions de l’acquisition. Cenouveau partenariat permettra aux producteurs du Québec d’aller chercher leurjuste part des revenus du marché à travers les bénéfices reliés aux opérationsd’abattage et de transformation.

Avant de devenir finale, la transaction devra obtenir l’autorisation dela Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec. Cette dernière apour fonction de favoriser une mise en marché efficace et ordonnée desproduits agricoles et alimentaires, le développement de relations harmonieusesentre les différents intervenants, la résolution de difficultés dans le cadrede la production et de la mise en marché des produits, et ce, en tenant comptedes intérêts des consommateurs et de la protection de l’intérêt public.

Programme transitoire pour l’obtention d’un prix plancher
La signature de l’entente a également pour effet d’enclencher la mise enoeuvre du Programme transitoire d’aide financière destiné aux producteurs pourles bovins de réforme, annoncé par le gouvernement du Québec, le 12 janvier2005. Ce programme vise à compenser rétroactivement les producteurs pour lesbovins de réforme vendus au Québec, depuis le 1er décembre 2004.

Rappelons qu’en vertu de l’entente de principe du 2 décembre 2004, Colbex-Levinoff s’est engagé à augmenter graduellement le prix d’achat desvaches du Québec jusqu’à l’obtention du prix plancher de 0,42 $ la livre, le1er septembre 2005. Il a alors été convenu que du 1er décembre 2004 au31 avril 2005, l’abattoir payerait les bonnes vaches 0,26 $ la livre; alorsque du 1er mai au 31 août 2005, le prix passerait à 0,32 $ la livre. Pendantce temps, le gouvernement du Québec s’est engagé à couvrir la différence entrele prix payé et le prix plancher de 0,42 $ la livre, et ce, rétroactivement au1er décembre 2004.

Les trois leaders agricoles continueront par ailleurs de travailler enétroite collaboration avec le gouvernement du Québec pour aller chercher dufédéral les sommes qu’ils réclament. En effet, du milliard de dollars annoncépar le gouvernement fédéral mardi, aucune somme n’était prévue pour les bovinsde réforme. Ottawa ne peut ignorer les demandes du Québec. « Le gouvernementcanadien a toujours dit vouloir faire preuve de flexibilité et de souplessepour que ses programmes soient adaptés aux particularités des provinces; ilest maintenant grand temps de passer de la parole aux actes. Et nous nemanquerons pas de le lui rappeler. » ont indiqué MM. Pellerin, Groleau etDessureault.

Mise de fonds des producteurs
Dans le but de se constituer un fonds de développement pour investir dansun abattoir, les producteurs ont adopté, en mai 2004, un prélevé de 20 $ pourchaque bovin de réforme mis en vente. Grâce à ce fonds, les producteurs serontainsi en mesure d’investir collectivement 6 millions de dollars. Pour financerleur projet, ils devront faire appel aux institutions bancaires et comptentaussi sur l’apport financier des deux paliers de gouvernement.

Comme les frontières risquent malheureusement de rester fermées encorelongtemps aux bovins de réforme, les gouvernements ont tout intérêt à investirdans le projet d’acquisition et de faire en sorte que les producteurs puissentretrouver une plus grande autonomie financière. En se dotant d’un outilstratégique durable pour mieux traverser les crises et aller chercher leurjuste part du marché, les producteurs auront dorénavant moins besoin dusoutien de l’Etat.

Soulignons que le projet des producteurs s’inscrit dans les orientationsdu Comité sénatorial permanent de l’agriculture qui propose au gouvernementfédéral de « créer un environnement qui soit le plus favorable possible auxéleveurs et qui permette d’étendre leurs activités, au sein de la filière, àdes produits à valeur ajoutée afin de bénéficier d’une part plus importantedes profits. »(1)

En terminant, rappelons que depuis le 20 mai 2003, on estime que lesproducteurs du Québec ont essuyé des pertes nettes de plus de 250 millions dedollars. Après plus de 680 jours de crise, les frontières américaines sonttoujours fermées aux bovins vivants et à la viande de boeuf de plus de30 mois, ce qui représente environ 60 % du commerce bovin.

(1). La crise de l’ESB – Leçons pour l’avenir, Le Comité sénatorial permanent de l’agriculture et des forêts, Rapport intérimaire, Avril 2004, p.10.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération des producteurs de bovins du Québec (FPBQ)
http://www.bovin.qc.ca/

Fédération des producteurs de lait du Québec
http://www.lait.org

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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