Le prix de la viande de boeuf ne suit pas la baisse du prix du bétail

Edmonton (Alberta), 18 août 2002 – Frustré de constater que le prix de la viande de boeuf ne reflète pas du tout celui du bétail qui est vendu à l’encan, Roy Lukian achète sa viande sur pied.

Il n’est tout de même pas surpris de voir que les prix de la viande n’ont pas bougé, malgré la sécheresse qui force les éleveurs albertains à vendre leur bétail à rabais. Après tout, c’est la saison du barbecue et le boeuf est en demande. « Voilà pourquoi j’achète mes propres vaches », explique le paysagiste. Cet automne, il portera ses trois bêtes achetées à rabais dans un abattoir, où la viande sera inspectée et préparée.

Pour la plupart des consommateurs, il est impossible de procéder de la sorte. Il faut alors acheter la viande au supermarché ou chez le boucher et payer le prix indiqué.

Effectivement, même si les producteurs de bétail empochent moins de revenus à cause du trop grand nombre de bêtes vendues cette année, le prix du steak n’a presque pas bougé.

« Avec les éleveurs qui vendent leur bétail pour moins de la moitié du prix qu’ils obtiendraient normalement, il est facile de conclure que quelqu’un dans cette chaîne profite de la situation », affirme le directeur exécutif de l’association des producteurs agricoles Wild Rose de l’Alberta.

Toute baisse du prix de la viande est plus souvent reliée à la concurrence entre les chaînes d’alimentation qu’à de faibles prix pour le bétail, selon Max Satanove, un chroniqueur qui a également oeuvré dans le commerce de détail pendant 30 ans.

Il ajoute que le prix des galettes pour hamburger a augmenté et que le prix du steak est semblable à celui de l’an dernier, alors que les éleveurs obtenaient des revenus record pour leurs bêtes.

« Ils (les marchands) vous donneront des raisons comme, par exemple, que leurs dépenses sont plus élevées », a dit M. Satanove.

Les détaillants en alimentation et les transformateurs de viande sont réticents à parler de la majoration du prix de la viande de boeuf. Ils renvoient les questions à leurs organisations nationales respectives.

Larry Campbell, du Conseil des viandes du Canada, rejette l’accusation selon laquelle les abattoirs protègent leur marge de profit. « Nous opérons dans le contexte du marché nord-américain et cela fait en sorte que les prix se ressemblent dans les deux pays. »

Bryan Walton, du Conseil canadien de la distribution alimentaire, affirme que le prix de certaines viandes a baissé récemment.

« Je ne sais pas s’il peut y avoir autant de mouvement sur les prix du T-bone et du steak parce que la demande est bonne pour ces produits. Magasinez et comparez: la concurrence est vive entre les marchands », a-t-il dit.

L’Association des consommateurs du Canada rappelle qu’en 1998, lorsque les prix du porc ont atteint des planchers records, les consommateurs étaient frustrés de constater que la viande était demeurée au même prix.

Murray Hawkins, de l’association, blâme les marges de profit record des transformateurs et des détaillants. « Ils justifient cela en disant que des prix plus bas de la viande de porc pourraient avoir un impact négatif sur les prix et les ventes des autres types de viande, que les consommateurs n’aiment pas la fluctuation dans les prix et que leur objectif était de faire des profits. »

« Il y a beaucoup de personnes impliquées et beaucoup d’étapes », soutient Ron Glaser, de la Commission de l’élevage bovin de l’Alberta. « Il y a tellement de facteurs qui influencent le prix qu’il est inexacte de dire que le prix plus bas du bétail mènera assurément à une baisse du prix de la viande. »

Parmi ces facteurs, M. Glaser mentionne le coût du transport, les salaires des employés dans les abattoirs, la période de l’année, les tendances d’achat des consommateurs et enfin le prix ainsi que la disponibilité des autres types de viande.

Source : Presse Canadienne

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Conseil canadien de la distribution alimentaire (CCDA)

http://www.ccgd.ca/

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