Le prix Nobel d’économie 2001 dénonce subventions agricoles des États-Unis

Paris (France), 6 mai 2002 – Le prix Nobel d’économie 2001, l’Américain Joseph Stiglitz, a dénoncé avec virulence dans une interview au quotidien La Tribune les subventions des Etats-Unis à l’agriculture, preuve selon lui de leur « hypocrisie ».

« C’est la parfaite illustration de l’hypocrisie de l’administration Bush sur la libéralisation du commerce: le commerce est une bonne chose, pas les importations », affirme Joseph Stiglitz dans le quotidien économique français. « Le total des subventions agricoles dans le Nord dépasse aujourd’hui le PIB de l’Afrique subsaharienne. Les pays du Sud n’ont aucune chance d’être concurrentiels dans ces conditions ».

Interrogé sur la proposition du Fonds monétaire international de créer un tribunal des faillites sur les Etats, il juge utile de disposer d’une structure de négociations, mais pour lui « le FMI n’est pas le forum approprié » et il faut créer une nouvelle institution ad hoc.

Joseph Stiglitz critique aussi le FMI qui selon lui « a très clairement contribué à la récession en Argentine en exigeant des coupes claires dans les dépenses publiques ». Et « s’ils avaient appliqué toutes les recommandations du FMI, la situation serait pire aujourd’hui ». Si le FMI a changé son discours et « reconnu que les mouvements de capitaux peuvent être néfastes », ils « continuent de faire en Argentine les mêmes erreurs qu’en Asie, mais il est difficile d’imaginer un véritable changement tant que l’administration américaine disposera d’un droit de veto au FMI ».

A propos de la montée de l’extrême droite en Europe, il a enfin déclaré que « les gens qui ont promu la globalisation ne se sont pas suffisamment penché sur ses conséquences, notamment sur la pauvreté et le chômage » et « le fait que les couches sociales les plus fragiles n’en bénéficient pas explique qu’elles recherchent des solutions alternatives ». « Dans tous les pays industrialisés, il existe une extrême droite qui défend l’idée qu’en se fermant au reste du monde, tout ira mieux. L’expérience montre que ce n’est pas le cas: des pays comme la Chine ont réussi à bénéficier de l’ouverture de l’économie tout en réduisant massivement la pauvreté ».

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fonds monétaire international (FMI)

http://www.imf.org/

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