Le sommet de la Terre planche sur des « partenariats »

Johannesburg (Afrique du Sud), 29 août 2002 – États-Unis et pays d’Europe ont entrepris, au quatrième jour du sommet de la Terre à Johannesburg, de promouvoir l’idée de partenariats public-privé pour lutter contre la pauvreté. Les détracteurs de tels projets estiment qu’ils aideront davantage le monde des affaires que les pauvres.

Dans le même temps, les délégués présents à ce sommet de dix jours ont repris leurs discussions, interrompues tard dans la nuit, pour tenter de venir à bout de leurs divergences sur un plan d’action global, les pays du tiers monde demandant au Nord de réduire les subventions qu’il accorde à ses agriculteurs.

Les Etats-Unis devaient présenter plusieurs idées de partenariats ciblés, qui réorienteraient des centaines de millions de dollars de certains programmes et fonds actuels vers des projets censés tendre vers l’objectif affiché par le sommet: réduire de moitié la pauvreté dans le monde d’ici 2015.

Les organisateurs du sommet estiment que de tels partenariats pourraient être la grande innovation de ce sommet. Ils consisteraient à faire travailler ensemble des gouvernements, des ONG, des entreprises et des communautés locales pour lutter contre les maux qui accablent la Terre.

Parmi les projets américains, l’un d’eux vise à accroître les efforts de protection du bassin du Congo en y affectant 53 millions de dollars sur quatre ans. Un autre projet multinational serait doté de 43 millions de dollars pour développer des projets énergétiques destinés à des communautés pauvres.

Mais les défenseurs de l’environnement restent sceptiques. Selon eux, de tels partenariats ne seraient que médiocrement supervisés et pourraient fournir aux gouvernements un prétexte pour se dérober à leurs responsabilités en matière de services publics comme, par exemple, pour ce qui est de l’alimentation en eau potable.

Pour l’association « Les Amis de la Terre », la privatisation des compagnies des eaux dans des pays comme la Bolivie ou les Philippines a entraîné une hausse des prix. Près d’un habitant sur cinq de la planète n’a, à l’heure actuelle, pas accès à une eau potable.

« Ils sont censés élaborer un plan d’action avec des objectifs et des calendriers, assorti des moyens de mise en oeuvre. Nous pourrons parler de partenariats lorsqu’ils auront terminé cela », a estimé Steve Sawyer, responsable des questions climatiques au sein de Greenpeace.

Bush sur la sellette

De vives critiques s’élèvent depuis le début du sommet, qui se terminera le 4 septembre, concernant le rôle des États-Unis en matière d’environnement et de développement durable. Un groupe de membres démocrates du Congrès américain a enfoncé le clou jeudi, à Johannesburg, en visant sans détour l’administration Bush.

« L’administration américaine se livre à des manoeuvres d’obstruction en matière de développement durable », a estimé George Miller, démocrate de Californie.

Le président George W. Bush, républicain, ne sera pas présent parmi la centaine de dirigeants du monde entier qui participeront à la clôture du sommet la semaine prochaine pour lancer des chantiers de lutte contre le paludisme, la protection des ressources halieutiques et la défense d’une agriculture respectueuse de l’environnement.

« C’est une erreur déplorable. Le président avait là une occasion de venir et de montrer qu’il est préoccupé par les questions en jeu et prêt à s’engager tout en menant sa guerre contre le terrorisme », ajoute Miller.

Lors des discussions interrompues tard dans la nuit de mercredi à jeudi, les négociateurs n’ont pas réussi à aplanir leurs divergences en matière de commerce, d’aide et de mondialisation, bien qu’ayant fait des progrès sur de nombreux autres détails d’un projet de texte sur l’aide au tiers monde.

Pour bon nombre de délégués, les États-Unis sont à la pointe de la résistance à tout objectif allant au-delà de l’accord sur le commerce international conclu l’an dernier à Doha pour réduire les subventions aux exportations et « limiter sensiblement les mesures nationales qui portent atteinte aux règles du commerce (international) ».

« L’Union européenne a fait continuellement l’objet de pressions pour modérer sa position sur les calendriers et les objectifs », a déclaré jeudi un représentant britannique, alors que reprenaient les discussions jeudi.

Source : Reuters

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