Le Sommet de Madrid s’engage à libéraliser les échanges commerciaux

Madrid (Espagne), 17 mai 2002 – Le sommet de Madrid a cloturé ses travaux en réaffirmant dans sa déclaration finale l’engagement des 48 pays participants à combattre le terrorisme, le trafic de drogue et à développer la libéralisation des échanges commerciaux.

Mais la rencontre est restée en deça des expectatives de certains pays d’Amérique latine qui souhaitent que l’UE lui ouvre plus rapidement ses marchés.

Dans la conférence de presse finale, le chef du gouvernement espagnol et président en exercice de l’UE, José Maria Aznar a exprimé sa « raisonnable satisfaction » à l’issue d’une « longue et productive journée de travail », tout en affirmant « être conscient des difficultés » du chemin restant à parcourir.

M. Aznar a souligné le climat de « grande harmonie et de confiance » durant le Sommet qui a défini également un agenda de préparation à la prochaine rencontre UE-Amérique Latine qui se tiendra à Mexico en 2004.

Le Sommet de Madrid organisé à l’occasion de la présidence espagnole de l’Union Européenne, à la suite du premier sommet UE-Amlat de Rio en 1999, était destinée à relancer un partenariat stratégique entre les deux continents.

Certains pays d’Amérique latine ont réclamé vendredi avec insistance à Madrid une rapide ouverture à ses produits des marchés de l’Union européenne qui semble peu décidée à de grandes avancées à court terme dans ce domaine.

Ainsi, le président brésilien Fernando Henrique Cardoso s’est plaint amèrement des « barrières insurmontables » que doivent affronter les produits des pays latinoaméricains.

Il a cité notamment les « subventions agricoles, les obstacles douaniers, les quotas ». Une telle attitude compromet « les perspectives de développement » de l’Amérique latine, a-t-il insisté lors d’une intervention avant de réclamer une « tranformation qualitative du commerce international ».

Pour sa part le président colombien Andres Pastrana a souligné que l’Amérique Latine a besoin d’une « coopération moins paternaliste » avec l’UE.

Les pays latinoaméricains ne veulent pas « d’aumônes mais que l’UE ouvre ses marchés et laisse entrer nos produits, comme le fera l’Italie », a renchéri le ministre argentin des Affaires Etrangères, Carlos Ruckauf, dont le pays préside actuellement le Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay).

Le Chili, « Singapour d’Amérique latine », selon Pascal Lamy, Commissaire Européen au commerce, est pour sa part devenu officiellement vendredi le second pays d’Amérique latine à conclure les négociations pour un accord d’association économique avec l’Union européenne. Jusqu’à présent, seul le Mexique avait conclu, en juillet 2000, un accord d’association avec l’UE.

Jusqu’à présent, seul le Mexique avait conclu, en juillet 2000, un accord d’association avec l’UE.

« C’est l’accord le plus complet que l’UE ait jusqu’à présent signé avec un pays tiers », a déclaré le président du gouvernement espagnol José-Maria Aznar, président en exercice de l’UE.

Le président chilien Ricardo Lagos a déclaré que cet accord constitue « un élément central dans la stratégie d’insertion internationale » menée par son pays. Selon des membres de la délégation chilienne, cet accord « est le plus vaste que le Chili ait jamais négocié ».

Le sommet, sous haute protection policière, s’est tenu dans le nouveau palais des Congrès de Madrid, situé dans la périphérie de la capitale espagnole en trois séances de travail au cours desquelles les dirigeants européens et latinoaméricains ont abordé les plans politique, économique et de la coopération.

Une réunion bilatérale entre l’UE et le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay), marquée notamment par la crise économique argentine, a eu lieu en fin de journée, à l’issue du sommet.

Source : AFP

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