Le trou de Parmalat pourrait dépasser 4 milliards d’euros

Milan (Italie), 21 décembre 2003 – Les discussions pour le sauvetage de Parmalat se poursuivent, mais le trou dans les comptes du groupe d’agroalimentaire risque d’être encore plus important qu’on le craignait, aggravant encore le cas de ce qui est devenu l’« Enron » européen.

Alors qu’une nouvelle équipe de dirigeants tente de trouver une manière de protéger le groupe de ses créanciers, l’ancien président de Parmalat a déclaré au quotidien Corriere della Sera que le groupe n’avait pas remboursé pour 2,9 milliards d’euros d’emprunts figurant dans ses comptes.

Cela porterait sa dette à près neuf milliards d’euros au lieu des six milliards figurant dans son bilan au 30 septembre.

Parmalat n’était pas immédiatement disponible pour commenter sur ce point.

Vendredi, le groupe a révélé que Bank of America contestait la validité d’un document chiffrant à 3,95 milliards d’euros les valeurs mobilières et la trésorerie de Bonlat, filiale du groupe basé aux îles Caïman.

La nouvelle a fait l’effet du bombe, provoquant une chute de 66% de l’action déjà éreintée au cours des séances précédentes et ramener ses obligations à moins d’un tiers de leur valeur faciale.

Parmalat était considéré comme un investissement attractif de par la stabilité de son cash flow tiré de la vente de lait et de biscuits, mais bon nombre d’intervenants craignaient depuis longtemps que ses investissements financiers complexes l’amènent à manquer de liquidités.

Le cauchemar est devenu réalité ce mois-ici lorsque le groupe n’a pas été en mesure de rembourser un emprunt de 150 millions d’euros alors même qu’il déclarait 4,2 milliards d’euros de liquidités dans ses comptes.

Fraude et fausses informations
Sans citer ses sources, le Corriere écrit que le fonds d’investissement américain Blackstone Capital Partners a rencontré le 9 décembre l’ancien patron de Parmalat, Calisto Tanzi, pour proposer de racheter le groupe, avant de se raviser lorsque Tanzi a révélé l’état des comptes de la société.

Selon plusieurs quotidiens, d’autres trous pourraient être découverts dans les comptes du groupe.

Samedi, le parquet italien a ouvert une enquête sur Parmalat et a pris des cartons entiers de documents chez les cabinets d’audit du groupe, Grant Thornton et Deloitte & Touche. Parmi les chefs d’accusations visant Parmalat pourraient figurer la fraude et la divulgation de fausses informations aux auditeurs, selon des sources judiciaires.

Umberto Tracanella, qui fait partie de la nouvelle équipe mise sur pied pour sauver Parmalat, s’est entretenu avec les procureurs samedi soir. Il a déclaré qu’il n’avait « jamais rien vu de tel » que la situation de Parmalat.

Disparition apparente du directeur financier
Les nouveaux dirigeants de Parmalat, sous la houlette d’Enrico Bondi, expert en redressements d’entreprises et fraîchement nommé PDG du groupe, tentent de mettre sur pied un plan permettant de poursuivre l’activité de la huitième entreprise italienne. Ils devraient proposer lundi ou mardi le placement du groupe sous une « administration contrôlée » qui le protégerait de ses créanciers pendant une période maximale de deux années.

« Bondi et les banques poursuivent leurs réunions. Ils recherchent la meilleure structure pour continuer », a déclaré une source proche du dossier.

La disparition apparente de Fausto Tonna, ancien directeur financier de Parmalat, ajoute à la confusion. Selon certains journaux, il aurait fui au Venezuela.

« Ce serait mieux pour tout le monde et si on veut la vérité (que Tonna se présente », a dit Tracanella.

Tonna a démissionné de son poste de directeur financier en mars lorsque le groupe n’a pas réussi à vendre des obligations à des investisseurs inquiets concernant son bilan. Il a quitté le conseil d’administration début décembre.

Le scandale serait encore plus important que celui qui a touché cette année le distributeur néerlandais Ahold qui portait sur un milliard d’euros. La crise se compare avec le plongeon du groupe américain de négoce en énergie Enron il y a deux ans.

Samedi, le président du Conseil italien Silvio Berlusconi a estimé que l’affaire Parmalat était « presque incroyable » et a estimé que le gouvernement devait transformer la réglementation financière italienne afin de rebâtir la confiance et la réputation du pays.

Source : Reuters

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Parmalat Canada
http://www.parmalat-ca.com/

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