Les agriculteurs bio veulent profiter de la conjoncture favorable

Compton (Québec), le 21 juillet 2000 – « Avec le soutien d’une politique de développement adéquate, l’agriculture biologique québécoise pourrait connaître un essor considérable au cours des prochaines années », a affirmé Pierre Gaudet, président de la Fédération d’agriculture biologique du Québec (FABQ) au terme d’une journée champêtre en présence du ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). Afin d’inciter le Ministère à passer à l’action dans ce sens, la FABQ a voulu sensibiliser le ministre Rémy Trudel à la réalité de cette production ” de niche ” en l’invitant à visiter deux fermes des Cantons de l’Est.







Parce que la production biologique se doit d’être exempte de semences modifiées génétiquement, la FABQ préconise une série de mesures visant une évaluation précise – et sans frais pour les producteurs – de la présence des OGM dans les semences et grains mis en marché.


Et c’est en vélo – période estivale oblige – que le Ministre, accompagné d’un groupe de producteurs biologiques et autres sympathisants du ” bio “, a effectué le trajet de 25 km entre les fermes situées à Ayer’s Cliff et Compton.

Les agriculteurs hôtes, dont les entreprises produisent du bœuf, des céréales et des légumes biologiques, ont présenté leurs installations et leurs produits, résultat d’une expertise originale développée au fil des ans avec un minimum de support, compte tenu des particularités de cette production et du peu de ressources gouvernementales qui y sont consacrées.

« Dans chacun des secteurs du ” bio “, des développements importants sont en cours. En mettant en place les mesures que nous avons identifiées, le gouvernement favoriserait cette croissance prometteuse », a déclaré monsieur Gaudet.

La politique de développement à mettre en œuvre devrait assurer un contrôle de l’appellation biologique, réservée depuis l’entrée en vigueur de la Loi sur les appellations réservées en février 2000, pour les produits québécois mais aussi importés; offrir des services conseils adaptés aux besoins techniques particuliers des producteurs biologiques; et faire en sorte que l’autorité du Conseil d’accréditation du Québec soit reconnue sur les marchés canadiens et internationaux.

Compte tenu que l’avenir de la production biologique est étroitement liée à celui des aliments contenant des organismes génétiquement modifiés (OGM), la Fédération d’agriculture biologique du Québec réclame une politique québécoise claire en la matière. Cela signifie notamment une meilleure information auprès des consommateurs, incluant l’obligation d’inscrire la mention ” OGM ” sur les aliments qui en contiennent.

Parce que la production biologique se doit d’être exempte de semences modifiées génétiquement, la FABQ préconise une série de mesures visant une évaluation précise – et sans frais pour les producteurs – de la présence des OGM dans les semences et grains mis en marché. Ces mesures vont de la distribution systématique auprès des producteurs de grandes cultures du guide de bonnes pratiques culturales à l’analyse des échantillons de semences par la Commission canadienne des grains.

« Les membres de la Fédération d’agriculture biologique font aujourd’hui appel au ministre Trudel parce qu’ils estiment qu’il y a de bonnes raisons de soutenir la croissance de leur production, a commenté le président de la FABQ. La conjoncture actuelle est plus que favorable. » Alors que les produits biologiques connaissent une popularité sans précédent auprès des consommateurs préoccupés par l’usage des biotechnologies en agriculture et par les nombreux cas de contamination rapportés récemment, 70 % des produits ” bio ” consommés au Québec proviennent de l’extérieur. « Il y a là un potentiel énorme à exploiter », a conclu Pierre Gaudet.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)

http://www.agr.gouv.qc.ca/

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