Les conservateurs et le Bloc rejettent les amendes contre les transformateurs

Ottawa (Ontario), 13 mai 2004 – Le diable était aux vaches aux Communes alors que les conservateurs et le Bloc québécois se sont opposés à une motion libérale visant à imposer des amendes massives contre deux des plus gros transformateurs de viande du pays.

Cargill Foods de Winnipeg et Lakeside Packers d’Alberta ont refusé cette semaine de dévoiler leurs chiffres aux vérificateurs du gouvernement en disant craindre que ces informations n’aboutissent dans les mains de leurs compétiteurs.

Le Comité permanent de l’agriculture et de l’agro-alimentaire des Communes a exigé les états financiers des transformateurs de viande du pays pour voir s’ils n’ont pas profité financièrement des programmes d’aide aux fermiers adoptés par les gouvernements pendant la crise de la vache folle.

Considérant le refus de Cargill et de Lakeside Packers comme un outrage au Parlement, le comité, composé de députés de tous les partis, demandait l’imposition d’amendes s’élevant à 250 000 $ contre les deux sociétés. Mais avec une élection générale qui pourrait être annoncée dès la semaine prochaine, la politique a pris le dessus sur les objectifs du comité.

Les conservateurs ont donc accusé le gouvernement libéral de vouloir jeter le blâme d’un programme d’aide déficient sur des compagnies privées. Les libéraux ont répliqué en accusant les conservateurs de s’être effondrés sous la pression du lobby agricole international. « Je ne sais pas si les conservateurs ont succombé à la pression, mais ce sont les fermiers qui écopent », de lancer le libéral Paul Steckle, président du comité sur l’agriculture.

« Les libéraux se cherchent un bouc émissaire en s’attaquant aux transformateurs, a accusé le conservateur Gerry Ritz. Je n’ai pas du tout l’intention de les laisser faire. »

Le Nouveau parti démocratique n’était pas en reste dans ce débat hautement politique.

« Les conservateurs montrent leur vrai visage en se portant à la défense des transformateurs de viande internationaux, aux dépens des contribuables et des consommateurs surtaxés, et des producteurs de boeuf du pays, a tonné le néo-démocrate Dick Proctor, de la Saskatchewan. Beaucoup de gens pensent que les transformateurs les ont floués. C’est justement ça qu’on voulait vérifier, jusqu’à ce que les conservateurs décident de se retourner contre les Canadiens. »

Le Bloc québécois a également voté contre la motion libérale, mais sous prétexte qu’il n’avait pas eu le temps de l’étudier avant qu’elle ne soit déposée aux Communes.

Le comité veut notamment savoir si les transformateurs de viande ont profité des programmes d’aide aux fermiers totalisant 1,6 milliard $ adoptés pendant la crise de la vache folle. Certains soupçonnent Cargill et Lakeside, propriétés de l’américaine Tyson Foods, d’avoir réduit les prix payés aux producteurs pour leurs animaux d’un montant équivalent à l’aide reçue.

Trois autres transformateurs de viande, XL Meats de Moose Jaw, en Saskatchewan, Better Beef, de Guelph, en Ontario, et Levinoff Meats, de Montréal, ont fournit certaines informations demandées par le comité.

Finalement, le comité s’est entendu pour donner une semaine de plus aux deux transformateurs récalcitrants pour fournir leurs chiffres, avant d’imposer des amendes quotidiennes corsées.

Source : PC

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agco Corporation
http://www.agcocorp.com/

Better Beef Limited
http://www.betterbeef.ca/

Cargill
http://www.cargill.com

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