Les médecines parallèles séduisent les propriétaires d’animaux

Berne (Suisse), 16 mars 2004 – L’homéopathie pour soigner l’eczéma de Médor, l’acupuncture pour soulager les irritations de Mistigri: de plus en plus de propriétaires d’animaux domestiques font confiance aux médecines parallèles en Suisse. Des méthodes douces qui ouvrent aussi des perspectives aux éleveurs.

Biorésonance, thérapie magnétique, massages thérapeutiques, homéopathie ou acupuncture: la liste des traitements censés favoriser la santé psychique et physique des animaux domestiques est longue. « Il y a un certain attrait pour les méthodes de soins alternatives », admet Charles Trolliet, responsable de la communication de la Société des vétérinaires suisses (SVS). Toute la palette de traitements à disposition pour les humains est aussi offerte pour les animaux.

Dans la foulée, des médecins vétérinaires se sont formés dans le domaine de l’acupuncture et de l’homéopathie. Par ailleurs, la branche examine les possibilités thérapeutiques. Il s’agit de cerner le potentiel et les limites de ces thérapies, précise Charles Trolliet. Les méthodes alternatives ne peuvent en effet être soutenues que lorsqu’elles reposent sur une base solide.

Peter Gurdan, vétérinaire cantonal de Bâle-Ville, constate lui aussi une tendance à expérimenter les méthodes parallèles. La demande est nettement plus grande qu’il y a dix ans.

« Le potentiel est immense », estime de son côté Andreas Grossniklaus, président de l’Association vétérinaire suisse pour l’acupuncture et l’homéopathie. Un traitement homéopathique peut être une bonne chose, pour autant qu’il n’y ait pas de problème chirurgical. Il peut à ses yeux renforcer le système immunitaire, mais on l’utilise aussi pour traiter des problèmes d’arthrite par exemple.

Ces soins parallèles peuvent aussi ouvrir des perspectives intéressantes pour les détenteurs d’animaux de rente, selon Andreas Grossniklaus. Cela pourrait atténuer le problème des effets secondaires des antibiotiques. Les paysans éviteraient par exemple le délai d’attente avant de pouvoir livrer le lait d’une vache ou amener un animal à la boucherie. Selon Andreas Grossniklaus, il y a encore toutefois trop peu d’éleveurs convaincus par ces méthodes et nombre d’entre eux restent des adeptes de la piqûre.

De son côté, l’Union suisse des paysans (USP) se dit ouverte à ces méthodes alternatives. Reste qu’elles perdent de leur intérêt sans une offre suffisante: cela n’aurait aucun sens de faire 150 kilomètres pour traiter un animal, selon Thomas Jäggi, de l’USP. Il ne faut pas oublier que les détenteurs d’animaux de rente sont soumis à des contraintes économiques.

Source : AP

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