Les parasitoïdes ou “insectes insecticides”, alternative écologique aux OGM

Montpellier (France), 16 octobre 2002 – Des parasitoïdes ou « insectes insecticides » pour éliminer les ravageurs de récoltes : la méthode ne date pas d’hier mais, grâce au progrès scientifique, elle pourrait constituer une alternative écologique aux organismes génétiquement modifiés (OGM), également chargés d’éradiquer les nuisibles.

L’INRA (Institut national de la recherche agricole) a commencé à développer ce « traitement naturel » il y a plus de vingt-cinq ans, indique à l’AFP Eric Wajnberg, directeur de recherches à Antibes, membre du comité scientifique du symposium international, organisé de lundi à mercredi à Montpellier, réunissant 150 chercheurs sur le thème du « rôle de la génétique dans la lutte biologique ».

En France, 15% des cultures de maïs, soit 70.000 hectares, sont actuellement protégés par les parasitoïdes. L’insecte utile s’appelle le trichogramme. Minuscule parasite, cet hymenoptère pond ses oeufs dans ceux du pyrale, le papillon nuisible qui s’attaque aux feuilles vertes du maïs.

« Ce procédé est plus efficace que le maïs transgénique puisqu’il intervient avant l’écolosion des oeufs. Le maïs modifié produit une protéine qui ne tue que les larves du pyrale. Avant de mourir, elles ont le temps de creuser des galeries et causer des dégâts », explique le chercheur de l’INRA.

Responsable du groupe de travail de l’Organisation internationale pour la lutte biologique, M. Wajnberg différencie quelque 150 espèces de trichogrammes.

« Convaincre les agriculteurs »

Originaires du monde entier, ces insectes sont répandus sur 24 types de culture couvrant 32 millions d’hectares dans le monde, des exploitations de soja en Asie au forêts canadiennes en passant par les céréales en Europe.

Les chercheurs tentent à présent de déterminer le profil génétique des parasitoïdes afin de sélectionner les caractères susceptibles d’« accroître leur force de frappe ». Inutile, par exemple, de lancer sur des cultures méditerranéenes un trichogramme issus de Scandinavie, peu résistant à la chaleur.

« Les OGM constitue un débat national, alors que la lutte biologique, qui coûte moins chère, est complètement occultée », déplore M. Wajnberg.

« Pourtant, notre méthode fonctionne bien, respecte l’environnement, fait moins peur au grand public et dispose d’un recul scientifique d’un quart de siècle », ajoute-t-il, en se défendant de tenir un discours anti-OGM.

L’insecte ravageur du choux pourrait bien servir d’allié à cette cause. Le plutella xylostealla résiste à tous les pesticides et mêmes aux OGM, souligne le chercheur de l’INRA qui travaille, en collaboration avec des agriculteurs bretons, sur des parasitoïdes adéquats.

« Le problème, c’est aussi parfois de convaincre les agriculteurs de laisser tomber les pesticides qu’ils utilisent depuis des années. Et leur expliquer qu’il faut lâcher sur leurs terres nos petites bêtes », conclut M. Wajnberg.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Institut national de la recherche agronomique (INRA)

http://www.corse.inra.fr/

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