Les premières peines de prison tombent dans le cadre du scandale Parmalat

Milan (Italie), juin 2005 – Les premières peines de prison sont tombées dans le cadre du scandale Parmalat, un an et demi après la quasi-faillite du groupe agroalimentaire italien qui a floué des dizaines de milliers de petits épargnants.

La plus lourde peine a été infligée à Fausto Tonna, ancien directeur financier et bras droit du patron du groupe Calisto Tanzi, condamné à deux ans et demi de prison.

Le juge milanais Cesare Tacconi a donné son accord aux onze condamnations discutées entre l’accusé et le ministère public dans le cadre d’une procédure négociée.

Les onze personnes comparaissaient dans le cadre du volet judiciaire milanais de l’enquête pour « manipulation des cours de Bourse, faux bilans et entrave à la surveillance de l’autorité boursière Consob ».

Le scandale Parmalat avait débouché sur deux procédures judiciaires séparées, celle de Milan et une autre à Parme, le siège du groupe.

Parmi les personnes condamnées, l’ancien consultant juridique Giampaolo Zini, homme de confiance de Parmalat, a écopé de deux ans de prison tandis que Stefano Tanzi, fils de Calisto Tanzi qui présidait plusieurs sociétés de la multinationale, a été condamné à un an et onze mois de prison.

Neuf des onze condamnés ont obtenu une suspension conditionnelle de leur peine qu’ils n’auront pas à purger s’ils ne commettent pas à nouveau un délit de même nature.

Seuls M. Tonna et Zini devront théoriquement accomplir leur peine.

« Il est important de continuer », a simplement commenté le procureur Francesco Greco qui a conduit l’enquête.

L’association de consommateurs Altroconsumo s’est dite en revanche « déçue pour les épargnants qui voient un nombre important d’accusés s’en sortir sans verser d’indemnisation ».

Ces premières condamnations sont un prélude aux épisodes judiciaires qui vont se succéder au cours des prochains mois.

Le procès milanais, visant Calisto Tanzi et les principaux responsables présumés de la faillite du groupe, dont les cabinets d’audit Grant Thornton et Deloitte et Touche, doit débuter le 28 septembre.

Une autre enquête a été close à Milan en mars et vise cinq banques et sociétés de gestion (Deutsche Bank, Morgan Stanley, Citigroup, UBS et Nextra) pour des émissions obligataires réalisées au cours des mois précédant l’écroulement de Parmalat.

A Parme, le parquet a clos en mai son enquête pour banqueroute frauduleuse, faux bilans, associations de malfaiteurs et fausses communications.

Soixante et onze personnes, dont Calisto Tanzi et Fausto Tonna, sont concernées par cette procédure qui doit maintenant être reprise par un juge chargé de déterminer s’il y a matière à procès.

Le scandale Parmalat avait éclaté juste avant Noël 2003, avec la découverte d’un trou dépassant les 14 milliards d’euros dans les comptes de l’entreprise, jusqu’alors considérée comme un modèle de réussite à l’italienne.

Quelque 135.000 personnes en Italie ont été flouées, victimes de la débâcle du groupe, conseillé par les banques comme un placement sûr.

De son côté, l’entreprise placée sous administration extraordinaire a engagé un sévère processus de restructuration en se recentrant essentiellement sur les produits frais et les jus de fruit avec l’objectif de revenir en bourse d’ici la fin de l’année.

Le commissaire extraordinaire de Parmalat, Enrico Bondi, a mis au point un plan de conversion de la dette qui doit permettre aux créanciers, s’ils donnent leur feu vert, de récupérer une petite partie de leurs fonds sous forme de titres de la nouvelle société.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Parmalat Canada
http://www.parmalat-ca.com/

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