Les producteurs de lait du Québec sont en colère

Longueuil (Québec), 13 décembre 2002 – La Fédération des producteurs de lait du Québec dénonce l’insuffisance de l’augmentation du prix du lait – 2,36 $ par hectolitre (2,36 cents le litre) – annoncée par la Commission canadienne du lait (CCL) pour le 1er février 2003. « Les attentes des producteurs de lait étaient nettement plus élevées. Pour qu’au moins 50 % des
producteurs de lait au Canada couvrent leur coût de production, incluant une

rémunération décente de leur travail, la hausse aurait dû être d’un peu plus
de 10 cents le litre. La CCL, une fois de plus, a failli à sa mission qui est
de s’assurer que les producteurs obtiennent une juste rétribution pour leur
travail et leur investissements. C’est inacceptable! » a déclaré le président
de la Fédération des producteurs de lait du Québec (FPLQ), M. Jean Grégoire.

Les producteurs de lait au Canada ne reçoivent aucune subvention. Le
gouvernement Fédéral a complètement éliminé le subside laitier depuis février
2002. Leur revenu repose entièrement sur le prix du marché négocié avec les
acheteurs de lait sur la base du prix annoncé par la CCL. « Les producteurs de
lait ont l’impression depuis quelques années d’être les parents pauvres de la

filière laitière au Canada. Les enquêtes comparatives sur le prix du lait et
des produits laitiers par les Producteurs laitiers du Canada depuis 1996 ont
toutes démontré que les Canadiens paient moins cher que les Américains pour un
panier complet de produits laitiers nutritifs. De plus, les transformateurs
laitiers canadiens, selon une étude récente de Samson Bélair Deloitte &
Touche, ont réalisé en 2001 des bénéfices sur l’avoir de leurs actionnaires de
l’ordre de 20 %, ce qui les place dans le peloton de tête de l’ensemble des
industriels de l’agroalimentaire canadien. “Nos producteurs, eux, touchent à
peine $7/heure pour leur travail, ce n’est pas équitable! » a ajouté
M.Grégoire.

Le prix du lait n’est pas le seul motif d’insatisfaction et d’inquiétude
des producteurs de lait. Le gouvernement canadien manque à sa responsabilité
de contrôler efficacement l’importation au Canada de produits et d’ingrédients

laitiers étrangers, hautement subventionnés. Depuis 1995, par exemple, les
producteurs ont perdu 25 % du marché de la crème glacée à cause de
l’importation illégitime d’huile de beurre qui remplace la crème canadienne
dans la fabrication de ce produit. Pour les producteurs, le gouvernement a la
possibilité de régler le problème s’il a la volonté politique de le faire.

Les producteurs de lait iront manifester leur colère face à l’inertie
gouvernementale le 18 décembre prochain à Ottawa.

La Fédération des producteurs de lait du Québec regroupe les producteurs
qui exploitent les quelque 8 200 fermes laitières québécoises et négocie pour
eux toutes les conditions de mise en marché du lait avec les représentants des
industriels laitiers. Les producteurs québécois livrent annuellement plus de
2,9 milliards de litres dont la vente totalise des recettes à la ferme
d’environ 1,7 milliard de dollars. A eux seuls, les producteurs québécois
génèrent plus de 29 000 emplois directs à la ferme et sont à la source de plus
de 31 000 emplois directs et indirects en amont et en aval dans l’industrie
pour un total de 60 000 que fournit le secteur laitier québécois.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Commission canadienne du lait (CCL)

http://www.ccl.ca/

Fédération des producteurs de lait du Québec

http://www.lait.org

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