Les producteurs de lait québécois demandent au gouvernement de se conformer à la décision sur le lait d’exportation

Québec (Québec), 20 décembre 2002 – La Fédération des producteurs de lait du Québec est déçue de la décision de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui interdit aux producteurs et aux transformateurs laitiers de négocier des contrats de lait d’exportation à un prix différent des prix pratiqués sur le marché canadien. « Cette décision est
injuste. Le gouvernement canadien ne verse aucune somme pour l’exportation des

produits laitiers alors que beaucoup d’autres pays, notamment les Etats-Unis,
subventionnent sans problème leurs producteurs et ne sont pas inquiétés », a
commenté le président de la Fédération, M. Jean Grégoire.

« Malgré notre déception, nous considérons que cette décision n’est pas
catastrophique et n’aura qu’un faible impact économique. Elle ne remet
aucunement en cause notre système de mise en marché collective et de gestion
de l’offre pour le marché intérieur qui sont des politiques internes que le
gouvernement s’est formellement engagé à préserver. L’industrie laitière doit
contre-attaquer sur son principal marché, le marché intérieur, en se dotant,
dans les meilleurs délais, d’un nouveau plan de développement stratégique.
Nous avons le potentiel de compenser la perte de ces marchés marginaux », a

ajouté M. Grégoire. Selon la Fédération, ce potentiel de développement existe
notamment dans les marchés du fromage et des produits fermentés. Par exemple,
si les Québécois et les Canadiens consommaient autant de produits laitiers que
les Français, la production laitière pourrait doubler. Même en ne visant que
les niveaux américains de consommation, la croissance serait de 15 %.

On estime que les exportations touchées par la décision représentent au
cours des derniers mois moins de 3 % de la production laitière canadienne et
près de 1 % du chiffre d’affaires de l’industrie. L’industrie laitière n’est
pas pour autant confinée à son marché intérieur par le jugement de l’OMC
puisqu’elle conserve le droit d’exporter les quantités autorisées en vertu de
ses engagements dans le cadre des accords de l’OMC, soit environ 3 % à 4 % de

sa production. L’industrie pourra aussi exporter au-delà des volumes permis à
condition de payer le lait au prix courant du marché canadien, ce qui pourrait
être possible dans certains marchés de niche. De plus, la situation de
l’industrie canadienne ne sera pas différente de celle de la très grande
majorité des pays industrialisés producteurs de lait. Ceux-ci sont avant tout
concentrés sur leur marché intérieur et doivent respecter les limites de leurs
engagements à l’OMC.

Le Canada devra plus que jamais exercer un contrôle plus strict de ses
frontières pour empêcher l’entrée de produits laitiers étrangers conçus pour
contourner les tarifs douaniers, comme les mélanges d’huile de beurre qui
remplacent la crème canadienne et ont fait perdre aux producteurs laitiers
canadiens 25 % du marché de la crème glacée. Ainsi, la perte de marché
associée à la décision sera rapidement compensée.

La Fédération demande au gouvernement fédéral de se conformer sans délai
à la décision afin de minimiser les impacts sur l’industrie. Le gouvernement
doit notamment rassurer les producteurs et les exportateurs dans les prochains
jours sur le sort des contrats d’exportation conclus avant la décision et
prendre les mesures nécessaires pour que ce lait n’encombre pas le marché
intérieur, ni n’handicape le potentiel d’exportation que conserve le Canada.

« C’est le gouvernement canadien qui a conseillé l’industrie dans la mise
en place de ces mécanismes d’exportation, jugés non conformes par l’OMC. C’est
à lui que revient maintenant la responsabilité d’éviter tout dommage à
l’industrie et de faire préciser ou modifier ces règles injustes dans le
nouveau cycle de négociations de l’OMC amorcé en novembre 2001 à Doha », a
conclu M. Grégoire.

La Fédération des producteurs de lait du Québec regroupe les producteurs
propriétaires des quelque 8 000 fermes laitières québécoises et négocie pour
eux toutes les conditions de mise en marché du lait avec les représentants des
industriels laitiers.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération des producteurs de lait du Québec

http://www.lait.org

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