Les producteurs de pommes français manquent de main-d’oeuvre

Toulouse (France), 12 août 2003 – Une partie des récoltes de pommes du Tarn-et-Garonne, qui commencent ces jours-ci, est en avance en raison notamment de la chaleur, ce qui pose des problèmes de main-d’oeuvre, selon la chambre départementale d’agriculture.

Malgré des messages diffusés dans la presse locale, et de nombreuses annonces déposées à l’ANPE, les producteurs de pommes ont de plus en plus de mal à trouver des bras. Les récoltes démarrent avec une semaine d’avance et le travail s’annonce intensif: les fruits étant mûrs plus vite, il faudra les récolter plus rapidement.

La qualité des pommes pourrait également pâtir de la chaleur. Moins arrosées (une interdiction de pompage de deux jours par semaine est en vigueur dans le Tarn et l’Aveyron), elles seront moins fermes que d’habitude, ce qui portera peut-être préjudice à l’exportation.

Le Tarn-et-Garonne, premier département français producteur de fruits et légumes, possède près de 13.000 hectares de vergers. Il emploie près de 20.000 saisonniers et exporte plus de 50% de sa production de pommes vers l’hémisphère sud, l’Europe et la Russie.

Yvon Sarraute, vice-président de la chambre d’agriculture, et responsable des productions de fruits et légumes, commence sa récolte de pommes Gala mardi. Il a dû faire venir une vingtaine de Roumains pour compléter son équipe de 40 saisonniers.

Il aurait bien embauché quatre ou cinq personnes supplémentaires et un tractoriste, mais il ne trouve personne habitant dans les environs. « La chaleur rebute peut-être les éventuels travailleurs. Et de façon générale, peu d’agriculteurs possèdent des lieux pour héberger les saisonniers venus de plus loin », explique-t-il.

« Le problème est bien plus profond. Aujourd’hui, avec le RMI, la CMU, et les 35 heures, les jeunes ne veulent plus s’imposer des contraintes de travail alors que tout le monde est en vacances », affirme Yves Bournazel, propriétaire d’une centaine d’hectares de vergers près de Montauban.

D’ici fin août, il embauchera une centaine de saisonniers, essentiellement des Espagnols et des Portugais, une main-d’oeuvre plus chère car elle exige souvent le paiement du voyage, un logement et un système d’intendance pour les nourrir. « Les seuls travailleurs locaux que je trouve sont des réfugiés politiques vietnamiens, car ils n’ont pas la même mentalité », note l’arboriculteur.

Source : AP

Commentaires