Les États-Unis prêts à réduire leurs subventions internes

Paris (France), 14 août 2002 – Les États-Unis sont disposés à supprimer toute aide à l’exportation dans le secteur de l’agriculture, dans le cadre des négociations de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), réaffirme le représentant américain au commerce Robert Zoellick.

« Nous sommes prêts à supprimer toute aide à l’exportation. Pour ce qui est des subventions internes, nous sommes prêts à descendre de 19 milliards de dollars à 10 milliards, et l’Europe pourra être au-dessus de nous, à 12 milliards de dollars. Mais elle part de 60 milliards », déclaré Robert Zoellick, dans un entretien au journal français Le Monde, daté de jeudi.

Le responsable américain rappelle que ces propositions ont été déposées à l’OMC, où les membres de l’organisation entament les tractations du cycle de Doha, la grande négociation commerciale lancée à l’automne dernier dans la capitale du Qatar.

Cette négociation porte en particulier sur l’agriculture et doit s’attaquer en principe aux gigantesques subventions versées par les Européens et les Américains à leurs agriculteurs. Ces aides sont particulièrement pénalisantes pour le développement des agricultures des pays pauvres.

« Nous venons de faire, à l’OMC, un ensemble de propositions pour réduire les subventions et les tarifs agricoles. C’est le défi que nous lançons à ceux qui, en Europe, accusent les Etats-Unis de subventionner exagérément leur agriculture », a ajouté Robert Zoellick.

Ces propositions ont déjà été rejetées par l’Union européenne qui considère qu’elles ne peuvent servir de base à un compromis.

Le commissaire européen à l’agriculture Franz Fischler les avait jugées « déséquilibrées » en affirmant fin juillet que les Etats-Unis proposaient « une élimination des aides directes à l’exportation, sans prendre d’engagement sur les crédits à l’exportation ».

Les Européens rappellent par ailleurs que les Etats-Unis ont adopté en mai une loi agricole qui prévoit l’allocation de quelque 190 milliards de dollars de subventions aux fermiers américains en dix ans. Il s’agit d’aides internes et non à l’exportation.

L’Union européenne est pour sa part engagée dans un processus de réforme de sa Politique agricole commune (PAC). La Commission européenne propose en particulier de déconnecter le niveau des aides de celui de la production, mais ce « découplage » suscite l’opposition résolue de la France, principale puissance agricole européenne.

Source : AFP

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