Les ventes de volailles en baisse de 25 à 30% en France

Paris (France), 21 février 2006 – Les professionnels font état d’une baisse des ventes de volaille d’environ 25 à 30% après la découverte du premier cas de grippe aviaire H5N1 en France chez un canard sauvage dans l’Ain.

Le Premier ministre Dominique de Villepin, accompagné du ministre de l’Agriculture Dominique Bussereau, se rendra mercredi dans ce département où il visitera une exploitation avicole de la commune de Mionnay et rencontrera les professionnels de la filière avicole. En conséquence, la rencontre initalement prévue de Dominique Bussereau avec les représentants de la filière au ministère à Paris a été reportée.

Selon les derniers chiffres recueillis mardi par la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) auprès des grandes enseignes de distribution, les ventes ont baissé de 25 à 30% au cours de la dernière semaine.

Les volumes de volailles commercialisés au marché de gros de Rungis enregistrent une « baisse de l’ordre de 25 à 30% », a également estimé mardi matin Marc Hervouet, président de la Fédération nationale des syndicats de commerce de gros en produits avicoles.

« Un mardi normal, sur le marché de Rungis, on commercialise entre 350 et 360 tonnes. Aujourd’hui, on va sans doute commercialiser entre 250 et 260 tonnes, ce qui représente une baisse de l’ordre de 25 à 30% », a-t-il déclaré à AP Television News. « Ces tonnages en moins sont les conséquences visibles de l’influenza aviaire ».

La confirmation samedi du premier cas de contamination d’un oiseau par le virus H5N1 de la grippe aviaire en France, chez un canard sauvage retrouvé dans l’Ain, a donc eu des conséquences importantes puisque depuis le début de l’année, selon la FCD, la baisse des ventes n’atteignait que 12 à 15%.

Depuis le début de la crise, les chiffres ont évolué de mois en mois, voire d’une semaine à l’autre. Ainsi, après les premiers cas en Turquie, une forte baisse de 25 à 30% des ventes avait été enregistrée en novembre dans l’Hexagone. Puis, peut-être en raison de la crise des banlieues qui a éclipsé de l’actualité la grippe aviaire ou des campagnes rassurantes de communication, la consommation est redevenue à peu près normale à Noël.

Le mois de janvier a été marqué par une petite baisse, qui s’est accélérée au cours de la semaine qui a précédé l’annonce du premier cas de contamination chez un canard (-15%), et surtout cette dernière semaine.

Par ailleurs, la baisse de la consommation de poulets est un peu plus forte que pour les autres volailles, précisait-on à la FCD.

Même si la baisse n’est pas aussi forte qu’en Italie, où la demande a chuté de 70%, les éleveurs français sont inquiets. Pour l’instant, six millions d’euros ont été débloqués par le gouvernement pour les aider en janvier.

Christian Marinov, directeur adjoint de la Confédération française de l’aviculture (CFA), a expliqué que lors de la rencontre prévue avec Dominique Bussereau, les représentants de la filière avicole allaient « faire le point sur la situation » et demanderaient « une aide complémentaire ».

« Nous allons faire le point sur le train de mesures mises en oeuvre et voir comment les amplifier », notamment en matière d’« actions d’information des consommateurs, pour lancer un message rassurant et coordonné », a-t-il expliqué à l’Associated Press.

Les mesures pour faire face aux difficultés économiques des éleveurs et des entreprises d’abattage des volailles seront également abordées.

M. Marinov a aussi jugé « inadmissible » la réaction de la Commission européenne qui a refusé lundi d’apporter une aide supplémentaire aux éleveurs dans l’immédiat.

« La Commission justifie son refus d’accorder une aide spéciale aux producteurs de volailles en jugeant mineures pour l’instant les perturbations provoquées par la grippe aviaire. Cette position est scandaleuse au regard des pertes de la filière », précise la CFA dans un communiqué. La CFA appelle la Commission « à se ressaisir et à prendre conscience de la réalité de la situation économique actuelle » et « demande à nouveau des aides d’urgence pour soutenir les éleveurs et la filière ».

Source : AP

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