L’Europe et le Japon en panne d’idées à l’OMC

Ottawa (Ontario), 17 novembre 2002 – Les propositions européennes et japonaises sur la réforme des systèmes de subventions agricoles discutée à l’Organisation mondiale du commerce « manquent de spécificité » et bloquent les négociations, ont indiqué des hauts fonctionnaires canadiens.

« Jusqu’à maintenant, les progrès ont été plutôt modestes », a expliqué une responsable du commerce international lors d’un point de presse à Ottawa en vue d’une séance de négociations spéciales de l’OMC sur l’agriculture, qui se tiendra cette semaine à Genève.

« Aucune des propositions ne laisse présager des changements fondamentaux sur les règles d’arbitrage en agriculture », a-t-elle indiqué.

Le comité doit parvenir à un accord préliminaire pour le 31 mars. L’accord devra aborder en outre les questions de l’importance des réductions des subventions agricoles et d’une date butoir pour appliquer les réductions, ont indiqué les responsables. Les points litigieux seront discutés lors d’une rencontre des ministres de l’Agriculture en septembre.

« Les négociations sur l’agriculture sont au coeur du programme de développement (de l’OMC) », a indiqué la responsable, précisant que les pays en développement exigeaient des réformes en agriculture avant de discuter des autres questions commerciales à l’OMC.

Les pays en développement affirment que les importantes subventions agricoles accordées en Europe et aux États-Unis viennent fausser les règles du marché mondial. Ils se disent peu enclin à libéraliser leurs marchés sans une réduction majeure des subventions, a indiqué la responsable.

Les États-Unis ont proposé la réduction de l’ensemble des subventions à l’exportation sur cinq ans, ce qui ferait passer les droits agricoles à travers le monde de 62% à 15% et baisser le plafond des subventions au commerce de plus de 100 milliards$.

« Nous contestons certains éléments de la proposition américaine mais, au moins, ils avancent des idées », a estimée la Canadienne, ajoutant que l’Europe, le Japon et la Corée étaient avares de détails.

Le groupe de Cairns, qui rassemble 18 pays grands exportateurs de produits agricoles, demande l’élimination graduelle des subventions et un plus grand accès aux marchés clés.

Le Canada est membre du groupe de Cairns, en dépit du fait qu’il désire protéger ses secteurs des produits laitiers et de la volaille.

Les responsables canadiens défendent cette position avec pragmatisme, expliquant que la plupart des pays disposent de secteurs sensibles, où les droits doivent être supprimés de façon progressive.

« Selon nous, c’est une approche beaucoup plus réaliste que certaines des propositions déjà avancées, qui sont très ambitieuses mais, au bout du compte, seront rejetées par la plupart des pays », a dit la responsable canadienne.

Source : AFP

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