L’UPA saisit le salaire d’un éleveur d’autruches d’Abitibi qui refuse de cotiser

Saint-Germain-de-Kamouraska (Québec), 22 novembre 2002 – Gilles Gagnon refuse de payer une cotisation à l’Union des producteurs agricoles parce qu’il soutient ne retirer aucun revenu de son élevage d’autruches pour une raison bien simple : aucun abattoir en Abitibi accepte de les abattre et il n’a pas le droit de les commercialiser s’il les abat à la ferme. Et l’UPA ne supporte même pas les projets d’abatterie à la ferme mis de l’avant par plusieurs producteurs artisans d’Abitibi.

L’UPA a d’ailleurs renoncé l’an dernier à saisir ses oiseaux, suite à une manifestation organisée par les membres de l’Union paysanne d’Abitibi, précisément parce qu’elle ne peut en tirer d’argent et elle fait faire cette fois-ci une saisie sur le salaire que M. Gagnon reçoit de la Commission scolaire où il travaille. Son salaire a d’ailleurs été saisi 10 jours avant qu’un huissier ne vienne l’informer lui-même de la saisie.

M. Gagnon soutient qu’il a payé une cotisation annuelle de $250 à l’UPA sans raison pendant 3 ans antérieurement et que ces montants encaissés illégalement par l’UPA devraient compenser pour les années qu’on lui réclame, sans avoir à engager de nouveaux frais pour se défendre. Depuis ce temps, même s’il ne tire aucun revenu de sa production et en a avisé l’UPA, cette dernière continue à lui facturer une cotisation, sous prétexte que ses autruches constituent un « potentiel commercial » de plus de $5,000, seuil établi par la loi pour être considéré comme producteur et soumis à l’obligation de cotiser.

Toutes les semaines, l’UPA traîne devant la Régie des Marchés ou les tribunaux des petits producteurs pour exiger par tous les prétextes cotisation, intérêts et frais de cour. Depuis 20 ans, on a relevé près de 5000 actions judiciaires de l’UPA contre des producteurs qu’elle est censée défendre, surtout dans la situation de monopole que lui a accordé la loi.

Selon l’Union paysanne, qui est fréquemment sollicitée par ces producteurs harcelés, cette situation est scandaleuse et doit être dénoncée publiquement.

Elle démontre l’urgence de rétablir la liberté syndicale pour les producteurs agricoles.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Union des producteurs agricoles (UPA)

http://www.upa.qc.ca/

Union Paysanne

http://www.unionpaysanne.com/

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