Neuf moyens pour propulser les plantes fourragères

Les plantes fourragères occupent la moitié des superficies en culture au Québec. Pourtant, on en parle si peu. Si les mêmes efforts déployés pour améliorer les rendements de maïs et de soya étaient consentis à la production de fourrages, imaginez les gains!

Voici neuf éléments de régie qui font maintenant partie des habitudes en grandes cultures, mais qui se traduiraient par d’importantes augmentations de rendement s’ils étaient utilisés avec autant d’attention dans la production de fourrages. L’article au complet se retrouve dans un dossier sur les fourrages dans Le Bulletin des agriculteurs du mois de mai 2012.

1) Réaliser des essais
Pour la luzerne, il existe de solides recommandations sur les taux de semis, le suivi des populations et les besoins en fertilisation. Beaucoup moins d’information est disponible sur les mélanges avec des graminées. En partant de l’hypothèse que la plupart des champs de plantes fourragères sont largement sous-fertilisés et qu’il y a un énorme potentiel d’augmentation de rendements, faites vos propres essais. Sur des parcelles de deux à cinq hectares, évaluez l’interaction entre les espèces d’un mélange, la performance d’une variété sur un type de sol ou l’impact d’une fertilisation minérale.

2) Faire des analyses de sol
De six à douze mois avant d’implanter un champ de plantes fourragères, il est important de disposer d’un bon portrait du sol. Ceci permettra de chauler suffisamment d’avance pour corriger le pH et de planifier la fertilisation, que ce soit par l’apport de fertilisation organique (fumiers et lisiers) ou minérale, sans oublier l’ajustement des éléments mineurs.

3) Fertiliser selon les besoins

Selon plusieurs experts, les plantes fourragères ne reçoivent souvent que de 25 % à 50 % de la fertilisation optimale. Les champs de plantes fourragères se prêtent bien à l’épandage de fumier ou de lisier, mais cette forme d’engrais est souvent mal équilibrée ou incomplète. « L’engrais minéral coûte cher, mais si on en applique en début de saison, on peut gagner une à deux semaines de croissance plus rapide. Cela se répercute ensuite sur les rendements pour le reste de l’été », affirme l’agronome consultant Pierre Fournier.

4) Précision aux semis
Dans le maïs et le soya, les semis sont devenus une science qui se pratique avec des équipements de haute précision. Pour les plantes fourragères, semer demeure un art. Votre meilleur outil est une bonne compréhension du contact sol-semence, afin d’ajuster votre semoir et d’obtenir un bon taux de germination.

5) Prévenir la compaction
Comme toutes les cultures, les plantes fourragères sont vulnérables à la compaction du sol. Circuler de façon aléatoire lors de l’épandage de lisier a des conséquences directes sur les rendements. À l’image des céréales à paille, les graminées utilisées en fourrages ont des racines qui n’atteignent que 10 à 15 cm de profondeur et qui ont très peu de force pour pénétrer un sol compacté. Avec leur racine centrale, les légumineuses s’implantent plus en profondeur, mais leur développement peut s’arrêter à la semelle de labour. Un bon développement racinaire est important, notamment pour traverser les épisodes de sécheresse.

Les quatre prochains éléments (lire la suite)

Commentaires