Nouvelle convention de mise en marché dans le porc

Longueuil, le 20 janvier 2000 – « La nouvelle convention de mise en marché qui vient d’être mise en place par la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec reconnaît l’efficacité des principes de notre système collectif de commercialisation des porcs ».

C’est en ces termes que M. Clément Pouliot, président de la Fédération des producteurs de porcs du Québec, a notamment réagi a la décision de la Régie de modifier graduellement les paramètres de vente de la convention.







La nouveauté réside essentiellement par l’introduction de contrats de vente dans une proportion de 15 % des volumes.


En substance, les attributions aux abattoirs passent de 72 % à 60 % et les volumes de l’encan résiduel s’établissent à 25 % au lieu de 28 %. La nouveauté réside essentiellement par l’introduction de contrats de vente dans une proportion de 15 % des volumes. En 2001, les attributions diminueront à 55 % et les contrats augmenteront à 20 % des volumes. Avec le mode de vente par contrats, les abattoirs auront un outil supplémentaire pour planifier leurs approvisionnements.

Depuis 1994, la Fédération procède à la commercialisation des porcs selon un système de vente combinant des préattributions et un encan résiduel. Lors des négociations en vue de renouveler la convention, la Fédération a proposé l’instauration progressive de contrats de vente afin de mieux répartir les risques du marché et aussi favoriser le développement de la production. « Dans sa décision, la Régie endosse la totalité des orientations de la Fédération bien que les changements, ayant trait aux attributions et aux contrats, ne soient pas aussi importants que souhaités. Il est évident que la Régie veut procéder par étape, sans modifier trop rapidement un système de vente qui à déjà fait ses preuves », d’expliquer le président de la Fédération.

Pour les représentants de la Fédération, la nouvelle structure de la convention est manifestement un pas dans la bonne direction. Selon eux, la Régie a en effet reconnu qu’un certain consensus se dégageait autour du principe de la vente collective de porcs par trois systèmes différents et complémentaires, soit les attributions, l’encan résiduel et les contrats de vente. La Régie a opté pour apporter les assouplissements désirés par les parties mais de façon progressive. De plus, la Régie a retenu le principe de l’universalité du système collectif et son incompatibilité avec les intérêts individuels tel qu’énoncé dans le rapport du médiateur.

La nouvelle convention de mise en marché collective de la production porcine québécoise régit les opérations commerciales entre huit abattoirs et la Fédération des producteurs de porcs. Elle est entrée officiellement en vigueur le 14 janvier 2000 et ce, jusqu’au 31 décembre 2001. Depuis plusieurs mois, la convention a fait l’objet d’une conciliation et d’une médiation entre les divers intervenants impliqués. Finalement, devant l’impasse des négociations et à la demande de la Fédération, des audiences en vue d’arbitrer une nouvelle convention ont été tenues par la Régie en octobre et en novembre dernier.

« La Fédération accepte la décision de la Régie. Tous les partenaires doivent maintenant continuer d’évoluer dans un système qui garantit la stabilité commerciale des porcs. Il en va de notre intérêt collectif à tous pour maintenir le haut niveau de performance de notre production sur le plan économique et aussi sur le plan de la qualité de notre produit », d’énoncer M. Clément Pouliot.

Il a terminé en précisant que la Fédération sera très vigilante sur les effets de l’application du prix référence américain, soit la base B-cost 51 % – 52 % moins 3$ /100 kg, pour les volumes préattribués. « Dans le cadre de la nouvelle convention, la Fédération suivra à la loupe les effets des trois formules de vente sur le commerce interprovincial afin de garantir la priorité d’abattage aux porcs québécois au Québec dans des conditions de livraison acceptables pour les producteurs. La Fédération mettra aussi beaucoup d’énergie sur l’établissement, d’ici mai 2000, du prix de référence américain à qualité qui sera introduit dans la formule de prix des préattributions. Selon le contexte, des ajustements temporaires seront demandés à la Régie si des écarts déraisonnables entre les prix des trois formules de vente sont observés », de conclure M. Pouliot.

On se rappelle qu’un sondage sur la mise en marché collective, effectué l’automne dernier par la firme de recherche SOM auprès de 300 producteurs de porcs du Québec, confirmait que la grande majorité d’entre eux favorisaient le maintien d’un système de mise en marché équitable pour l’ensemble des intervenants tout en y apportant des modifications afin de répondre à la fois aux besoins des producteurs et des abattoirs.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Le Porc du Québec

http://www.leporcduquebec.qc.ca/

Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec (RMAAQ)

http://www.rmaaq.gouv.qc.ca/

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