OGM : le rapporteur de l’ONU sur le droit à l’alimentation émet des réserves

Genève (Suisse), 12 novembre 2002 – Le rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation, Jean Ziegler, a estimé que les organismes génétiquement modifiés (OGM) « peuvent comporter des dangers à moyen et à long terme pour l’organisme humain et la santé publique ».

« Face à la tentative de diffusion massive des OGM, le principe de précaution s’impose », affirme-t-il dans un communiqué publié mardi à Genève.

L’ancien député socialiste suisse et sociologue émet « des réserves quant à l’utilisation massive d’aliments génétiquement modifiés » et affirme que la communauté scientifique internationale est profondément divisée sur les dangers qu’ils peuvent représenter.

Selon lui, l’argument selon lequel les OGM sont indispensables pour vaincre la malnutrition et la faim « n’est pas convaincant ».

En outre, M. Ziegler estime que l’utilisation massive des OGM risque de rendre les paysans plus dépendants des sociétés multinationales fabriquant ces

Il rappelle enfin que de nombreux Etats d’Europe et du Tiers-Monde, des ONG et la quasi-totalité des mouvements paysans se sont prononcés contre l’introduction des OGM dans la chaîne alimentaire.

Le rapporteur spécial auprès de la Commission des droits de l’homme de l’ONU se trouve actuellement à New York où il assiste aux travaux de l’Assemblée générale des Nations unies. Il a effectué cette mise au point après avoir été critiqué par le représentant américain au Conseil économique et social de l’ONU (ECOSOC) qui lui a reproché ses prises de position sur ce sujet.

« Le rapporteur spécial, affirme M. Ziegler dans son communiqué, n’a jamais douté ni de la gravité des menaces immédiates de famine qui pèsent actuellement sur plus de 14 millions d’habitants d’Afrique australe, ni de la générosité du gouvernement des Etats-Unis qui fournit au Programme alimentaire mondial (PAM) l’essentiel des vivres pour son aide d’urgence ».

Une bonne partie de l’aide du PAM à l’Afrique australe est composée de maïs américain génétiquement modifié que la Zambie a refusé de recevoir, en invoquant des raisons de santé publique. Une position aussitôt critiquée avec force par les Etats-Unis.

Le Malawi, le Zimbabwe, le Lesotho et le Mozambique ont exigé, pour leur part, que les grains de maïs transgénique livré par le PAM soient moulus de façon à ne pas risquer de contaminer leurs cultures.

« La position de M. Ziegler (sur les OGM) n’engage que lui-même. C’est son opinion personnelle. Ce n’est pas la politique des Nations unies, étant donné que l’Organisation mondiale de la santé, l’expert en la matière, a affirmé que les OGM qui sont sur le marché actuellement ne présentent aucun danger pour la santé », a réagi la porte-parole du PAM à Genève, Christiane Berthiaume.

Source : AFP

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