OMC: six pays réunis à Londres pour parler libéralisation des échanges

Londres (Angleterre), 10 mars 2006 – L’Union européenne et cinq autres puissances commerciales ont entamé à Londres des discussions visant à relancer les négociations sur la baisse des barrières douanières dans le monde, sur la base de nouveaux chiffres montrant l’impact potentiel de cette libéralisation.

Le commissaire européen au Commerce Peter Mandelson, hôte de la réunion, s’est enfermé à partir de 18H30 GMT avec ses homologues d’Australie, du Brésil, des Etats-Unis, de l’Inde et du Japon pour tenter de sauver le cycle de négociations lancé à Doha (Qatar) fin 2001. Le directeur général de l’OMC, Pascal Lamy, participe aux travaux.

A l’extérieur, dans un froid glacial, une trentaine de manifestants altermondialistes ont dénoncé la politique des pays riches à l’OMC.

« La réunion a commencé dans une bonne atmosphère », a fait savoir M. Mandelson par la voix de son porte-parole. « Il y a beaucoup à faire. Notre tâche est de bâtir un consensus pour aider le reste des pays membres de l’OMC à à parvenir à un accord ».

Un accord au sein du « groupe des Six » (G6) est considéré comme un préalable indispensable pour boucler les négociations entre les 149 pays membres avant l’échéance fixée à la fin de l’année.

Mais à six semaines d’une première échéance cruciale pour l’agriculture, le point le plus délicat de la négociation, les participants écartaient l’éventualité d’une percée décisive lors du rendez-vous londonien, qui doit s’achever samedi soir.

« Je ne souhaite pas soulever des attentes exagérées à propos de cette réunion », a déclaré avant la réunion le représentant américain pour le Commerce, Rob Portman, qui s’est déjà entretenu avec plusieurs de ses partenaires dans un cadre bilatéral.

« Ce n’est pas une réunion pour prendre des décisions », a-t-il expliqué à l’AFP. « C’est une réunion entre quelques pays-clés destinée à rapprocher les points de vue ».

Sur le fond, les positions n’ont guère avancé depuis la conférence ministérielle de l’OMC à Hong Kong qui a convenu en décembre dernier d’éliminer les subventions aux exportations agricoles au plus tard en 2013.

Les pays pauvres et émergents souhaitent que les pays développés réduisent leurs autres subventions et les droits de douane appliqués aux produits agricoles, mais le Nord exige la réciprocité pour les produits industriels. Un accord sur ce point crucial doit intervenir au plus tard fin avril entre tous les pays membres.

« Nous allons montrer ce que nous sommes prêts à faire en matière de services et d’ouverture des marchés aux produits industriels », a promis le ministre brésilien des Affaires étrangères, Celso Amorim.

Afin d’aider les ministres dans leur décision, des simulations chiffrées ont été réalisées pour étudier l’impact d’un éventuel accord mondial de baisse des droits de douane sur le commerce d’une dizaine de pays, dont ceux du G6.

« Cette réunion pourrait s’avérer particulièrement utile car nous allons pouvoir examiner des chiffres sur lesquels nous sommes d’accord », a espéré M. Portman.

Mais M. Portman a écarté toute nouvelle concession de Washington en matière de subventions.

M. Mandelson a rejeté de son côté une nouvelle offre de baisse des tarifs douaniers, d’autant que la France bat le rappel des 25 Etats membres de l’UE pour refuser d’avance toute concession.

« Nous ne sommes pas dans une phase où un geste unilatéral de la part d’un des protagonistes suffirait à provoquer une percée », a observé le représentant de Bruxelles sur la chaîne de télévision CNBC. « Les offres sont sur la table. Nous pourrions et nous devrions les réviser s’il y a suffisamment d’incitation pour le faire ».

Source : AFP

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