Paris veut un délai supplémentaire sur le boeuf britannique

Luxembourg (France), 22 avril 2002 – Les autorités françaises ont demandé à la Commission européenne un délai supplémentaire avant toute décision concernant la levée de l’embargo sur le boeuf britannique, a fait savoir le ministère de l’Agriculture.

Le gouvernement a écrit à la Commission en réponse à la mise en demeure adressée à la France qui n’a pas respecté un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne lui ordonnant de mettre fin à son embargo, a indiqué le ministre François Patriat.

Un délai a été demandé, a-t-il ajouté face à la presse lors d’une réunion des ministres de l’Agriculture des Quinze à Luxembourg.

L’Agence de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) souhaite obtenir de la part des autorités britanniques davantage d’informations sur les statistiques concernant l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB).

La Commission avait entamé le mois dernier une procédure légale à l’encontre de la France, demandant à Paris de justifier sa décision.

David Byrne, Commissaire européen à la sécurité alimentaire, a confirmé avoir reçu une lettre transmise par le gouvernement français. Il a estimé qu’il était encore trop tôt pour se prononcer sur cette demande, mais a rappelé des discussions similaires entre Paris, Londres et Bruxelles lors de la levée de l’embargo international imposé au boeuf britannique.

« Nous nous sommes déjà trouvés là par le passé et c’est en fonction de ce passé que j’étudierai cela », a-t-il indiqué.

« Mon opinion s’oriente en fonction de ce qui s’est produit il y a deux ans », a insisté Byrne.

Si la Commission ne se satisfaisait pas de la réponse française, elle pourrait lancer une nouvelle mise en demeure, dernière étape avant un retour devant la Cour européenne de justice qui serait alors habilitée à imposer des sanctions financières.

L’embargo international imposé en mars 1996 avait été levé en juillet 1999.

Jusqu’ici, a précisé Byrne, 125 cas de maladie de Kreutzfeld-Jacob, variante humaine de l’ESB, ont été répertoriés sur le territoire de l’Union. Sur ce total, 117 ont été enregistrés en Grande-Bretagne, six en France et un en Italie et en Irlande.

Source : Reuters

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