Parmalat veut quitter 20 pays et sabrer dans les effectifs

Milan (Italie), 26 mars 2004 – Pour sauver le groupe agroalimentaire Parmalat de la faillite, son nouveau patron, Enrico Bondi, a annoncé la cession des actifs aux Etats-Unis et en Asie et la conversion en actions de la dette, évaluée à 14,27 milliards d’euros.

Spécialiste des missions de restructuration, M. Bondi avait été appelé en décembre pour redresser cette multinationale du lait croulant sous les dettes.

Depuis, l’ancienne direction, dont le fondateur, Calisto Tanzi, a été mise en prison, accusée de manipulations comptables et malversations.

Après trois mois de travail, le « commissaire extraordinaire » d’un groupe placé sous un statut spécial qui le protège des créanciers a présenté vendredi ses premières conclusions devant des représentants des banques et des porteurs d’obligations.

Selon M. Bondi, le sauvetage de Parmalat passe par un plan de restructuration sévère et aussi par une opération de conversion de l’ensemble de la dette en actions.

Pour l’heure les actions Parmalat sont suspendues de la cotation à Milan et devraient l’être encore pour de longs mois. M. Bondi propose de distribuer aux créanciers des actions nouvelles, issue d’une augmentation de capital, en l’échange de l’effacement de la dette.

La cotation des actions reprendrait alors et les créanciers-actionnaires auraient la possibilité de vendre immédiatement ou bien conserver leurs actions pour profiter « du potentiel de redressement du titre », selon l’exposé de M. Bondi.

Parallèlement, le groupe sera soumis à un cure amincissante. Le document diffusé vendredi confirme les grandes orientations du plan Bondi déjà annoncées le 16 mars en précisant les régions où le groupe va se désengager.

Le groupe sera recentré sur deux métiers de base: les produits laitiers et les jus de fruit. Il se débarrassera d’une grande part des 120 marques dont il dispose pour ne se concentrer au final que sur 30.

D’un point de vue géographique, le groupe se recentrera sur dix pays principaux contre 30 actuellement.

Parmalat va cèder tous ses actifs aux Etats-Unis et en Asie et se désengagera partiellement de l’Amérique Latine pour ne conserver que les activités importantes et profitables, comme celles en Colombie, au Nicaragua et au Venezuela.

Parmalat Brasil, la plus importante filiale du groupe, n’est pas mentionnée parmi les activités conservées.

Une fois restructuré, Parmalat ne sera plus présent qu’en Italie, en Europe du sud (Espagne, Portugal), Europe de l’Est (Russie, Roumanie), au Canada, en Australie, en Afrique du Sud et dans trois pays d’Amérique Latine.

Les cessions vont concerner au moins la moitié des employés sur un total actuel de 32 000, et vont se traduire par une baisse d’environ un tiers du chiffre d’affaires (estimé pour 2003 à 5,8 milliards d’euros).

Mais parallèlement, assure M. Bondi, la rentabilité remontera, ce qui permettra de sauver le groupe à moyen terme, en plus des recettes générées par la cession de dizaines de marques et d’usines.

Selon le plan de route de la nouvelle direction, la version finale du projet de restructuration serait bouclé vers la fin septembre et le plan mis en place début 2005.

Au sortir de la réunion avec Bondi, les représentants des banques et porteurs d’obligations se sont montrés prudents mais relativement positifs.

« Durant la présentation, tous les représentants, surtout les banques étrangères, ont exprimé la volonté de poursuivre sur la voie du plan de restructuration », a indiqué Paolo Landi, de l’association de consommateurs Adiconsum qui représentait à la rencontre les investisseurs particuliers italiens.

L’Italie compterait 135 000 porteurs d’obligations Parmalat, titres aujourd’hui dépourvu de valeur.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Parmalat Canada
http://www.parmalat-ca.com/

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