Épidémie d’influenza aviaire en Virginie

St-Hyacinthe (Québec), mai 2002 – Près de 3 millions d’oiseaux éradiqués, des centaines de milliers en quarantaine; plus d’une demi-douzaine de nouveaux cas par jour… Ce scénario apocalyptique est malheureusement réel et a cours chez nos voisins du Sud. En effet, depuis le mois de mars dernier, l’état de la Virginie est aux prises avec l’influenza aviaire faiblement pathogène, et cette épidémie qui va grandissante, s’est propagée à un état voisin, la Caroline du Nord. Un autre foyer, d’origine différente, s’est aussi déclaré en Californie. Nous ne sommes pas à l’abri d’une telle crise et il serait important, à la veille des vacances estivales et d’éventuels déplacements aux États-Unis, de prendre connaissance des paragraphes qui suivent afin de prévenir l’entrée de cette maladie au pays.

L’épidémie d’influenza aviaire qui a cours en Virginie, s’est tout d’abord déclarée chez un troupeau de dindes de reproduction affecté par une soudaine chute de ponte et des signes respiratoires. La maladie s’est rapidement propagée dans l’ensemble de l’industrie avicole, affectant troupeaux de reproducteurs dindes et reproducteurs poulets, dindes et poulets, et elle continue de se répandre. Le diagnostic a révélé la présence d’un virus de l’influenza aviaire faiblement pathogène, le H7N2, fortement apparenté au virus H7N2 qui circule dans les marchés d’oiseaux vivants des états de New York et du New Jersey depuis 1994 (Celui qui a présentement cours en Californie est le H6N2).

La plupart des souches d’influenza aviaire faiblement pathogène causent des signes cliniques peu sévères chez la volaille, quoique l’on ait rapporté dans le passé jusqu’à 70% de mortalité chez des dindes. Cependant, la plus importante crainte présentement est que ce virus fasse une mutation et se transforme en influenza aviaire hautement pathogène. Et ces risques sont élevés. Il faut savoir que ce virus a un très grand potentiel pour créer d’autres souches de virus. Par exemple, on estime qu’il peut y avoir 255 combinaisons possibles lors de rencontre avec un autre virus de l’influenza. On croit d’ailleurs que la dernière épidémie d’influenza aviaire hautement pathogène en Pennsylvanie, en 1983-84, qui a causé l’abattage de plus de 17 millions d’oiseaux et a coûté près de 65 millions U.S.$, aurait pour origine un virus faiblement pathogène qui aurait soudainement muté.

On a remarqué que les épidémies d’influenza se propageaient selon la circulation des gens et de l’équipement contaminé. La façon la plus simple de s’infecter avec le virus de l’influenza aviaire est en effet le contact avec des fientes ou encore, avec du matériel contaminé par les fientes. Le virus peut survivre des mois dans la litière et tout insecte, rongeur, autre animal ou oiseau sauvage peut transporter le virus. Le virus de l’influenza aviaire peut aussi être retrouvé sur la coquille des oeufs, de même qu’à l’intérieur.

Si vous avez à vous déplacer aux États-Unis dans les prochaines semaines ou mois, i1 serait important de vérifier si l’état visité est exempt ou non d’influenza aviaire et de prendre toutes les précautions nécessaires pour éviter de ramener la maladie avec vous. Surtout, évitez de visiter des poulaillers, tout élevage d’oiseaux en général et les marchés d’oiseaux vivants. Les conséquences pourraient être catastrophiques pour notre industrie.

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