Possible, le poulet sans antibiotiques, sauf que…

Marie-Lou Gaucher, les éleveurs Yvan Cournoyer et Julie Brouillard de la ferme Brouillard et Cournoyer de Saint-Hugues, et Martine Boulianne.
Marie-Lou Gaucher, les éleveurs Yvan Cournoyer et Julie Brouillard de la ferme Brouillard et Cournoyer de Saint-Hugues, et Martine Boulianne.

Le projet de recherche sur l’élevage de poulets sans antibiotiques au Québec a démontré qu’il est possible de produire du poulet sans antibiotiques à un coût supérieur « raisonnable », mais il ne permet pas de conclure qu’il est possible de le faire à grande échelle.

Le projet des chercheuses Marie-Lou Gaucher et Martine Boulianne de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, que Le Bulletin des agriculteurs vous présentait dans son édition de janvier 2012, a testé l’élevage de poulets sans antibiotiques sur huit fermes pendant plus d’un an.

Chaque éleveur a mis deux poulaillers semblables à la disposition des chercheuses, un dans lequel les poulets étaient élevés de façon conventionnelle et l’autre avec des poulets élevés sans antibiotiques ni anticoccidiens. Des produits alternatifs aux antibiotiques ont été utilisés, tels des huiles essentielles et des extraits de plante, mais surtout une attention particulière a été apportée lors des premiers jours de vie du poussin et à la qualité de l’eau.

PouletsSur des fermes, les performances en élevage ont été semblables dans les deux types d’élevage. Cependant, sur d’autres fermes, les élevages ont connu, à répétition, des problèmes d’entérite, malgré une qualité de régie équivalente. Les chercheuses suspectent ces fermes de posséder une flore bactérienne nuisible.

« Des analyses plus poussées seront nécessaires pour comprendre ce phénomène et déterminer les facteurs clés du succès avant d’entreprendre l’élevage de poulets sans antibiotiques à plus grande échelle », spécifie un communiqué des Éleveurs de volaille du Québec.

Les données recueillies lors de ce projet ont fourni une meilleure connaissance des besoins des poussins en bas âge. Elles ont aussi souligné l’importance d’une approche multifactorielle pour le maintien de la santé digestive de l’oiseau. Ces informations seront utiles pour tout type d’élevage.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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