Propositions du Parti libéral dans le secteur bioalimentaire : le PQ réagit

Québec (Québec), 16 janvier 2003 – « Les propositions du Parti libéral pour le secteur bioalimentaire ressemblent étrangement au bilan gouvernemental des dernières années. Ce que les libéraux proposent, ce sont essentiellement des éléments déjà réalisés ou en voie de l’être, comme s’ils n’étaient pas au courant des actions récentes entreprises par le secteur ». C’est ce qu’a déclaré le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, M. Maxime Arseneau, à la suite de la publication des engagements du Parti libéral pour le secteur bioalimentaire.

M. Arseneau s’est également dit extrêmement surpris et déçu que le Parti libéral exclue les pêches et l’aquaculture du secteur bioalimentaire, alors qu’il s’agit d’activités primordiales pour les régions maritimes.

Pour le ministre, les propositions libérales ne tiennent aucunement compte du travail effectué par suite des consensus établis lors du Forum sur l’agriculture et l’agroalimentaire d’octobre 2001. Le gouvernement et ses partenaires du secteur agricole et agroalimentaire avaient alors pris des engagements concrets dans trois domaines importants : l’agroenvironnement, la transformation alimentaire et la qualité des aliments. « Cette omission des libéraux est probablement due au fait que Jean Charest n’avait pas daigné participer à cet événement », a précisé le ministre, qui souhaite rappeler à l’opposition libérale les différentes actions entreprises par le gouvernement du Parti Québécois de concert avec le milieu agricole et agroalimentaire.

Sur la traçabilité

Le gouvernement a consacré 21,5 M$ dans son budget de 2001 à l’implantation de la traçabilité au Québec. Au Forum sur l’agriculture et l’agroalimentaire, des engagements concrets ont été pris à cet égard : compléter la traçabilité dans le secteur bovin et avoir commencé son implantation dans les secteurs porcin et ovin d’ici 2005. De concert avec les producteurs, le gouvernement a mis en place l’organisme Agri-traçabilité Québec et a procédé, cet été, à l’identification de 1,2 million de bovins. Ces gestes font du Québec un chef de file pour la qualité des aliments en Amérique du Nord, puisqu’il est le seul à être doté d’un tel système.

Sur l’agroenvironnement

En juin dernier, le ministre Arseneau a annoncé une enveloppe de 257 M$ sur trois ans afin de soutenir les efforts entrepris par les producteurs agricoles pour répondre aux nouvelles exigences environnementales. Ces sommes permettent entre autres de bonifier le programme Prime-Vert qui prévoit déjà une aide pouvant aller jusqu’à 90 % pour les entreprises de petite taille et de 70 % pour les autres. Or, le plan du PLQ propose des investissements de 239 M$ sur 5 ans : une réduction de l’aide actuelle.

« En ce qui concerne l’écoconditionnalité, je suis étonné de voir le PLQ en faire la promotion puisqu’en juin 2001 il a voté contre le projet 184 qui instaurait le principe d’écoconditionnalité », d’ajouter M. Arseneau. Les démarches pour l’application de l’écoconditionnalité sont d’ailleurs présentement en cours.

Autre revirement du même type de la part des libéraux : alors qu’auparavant ils critiquaient la création de La Financière agricole du Québec, ils souhaitent maintenant honorer les engagements pris par le Parti Québécois à l’égard de cet organisme.

Sur les produits de niche et du terroir

Lors du Forum d’octobre 2001, où le chef du PLQ était absent, des engagements ont été pris en faveur de la promotion et du développement des produits du terroir. Depuis, le ministre a déposé une politique de la transformation alimentaire qui contient des mesures spécifiques à cet égard. Le ministre a également mis en place un « comité terroir » afin de développer les appellations « produit du terroir » et « produit fermier ». Ce comité est présidé par la chef Anne Desjardins et doit remettre son rapport au ministre en mars.

La première appellation réservée au Québec a été mise en place pour les produits biologiques. Ce secteur dispose d’ailleurs d’un nouveau programme d’aide d’un million de dollars par année pour les trois prochaines années.

Sur les organismes génétiquement modifiés (OGM)

Quant aux OGM, le ministre Arseneau s’est déjà prononcé publiquement en faveur de l’étiquetage obligatoire des aliments contenant des OGM. La réflexion proposée par le PLQ sur la mise en place d’un tel étiquetage est déjà en cours au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation et au gouvernement. Le ministre doit d’ailleurs annoncer sous peu une autre étape importante de cette réflexion.

« Une chose est certaine, l’étiquetage des OGM nécessitera des investissements, tant de la part du gouvernement que des entreprises. Un gouvernement responsable qui s’engage dans cette voie doit être prêt à en assumer les coûts. Or, le plan libéral ne prévoit aucune somme à cet égard d’ici 2008 : ou bien cette dépense n’est pas prévue ou bien les libéraux prévoient déjà ne pas réaliser cet engagement au cours de cette période. Dans un cas comme dans l’autre, c’est irresponsable », a conclu le ministre.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)

http://www.agr.gouv.qc.ca/

Parti libéral du Québec

http://www.plq.org/

Parti québécois

http://partiquebecois.org/

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