Prévisions sur le revenu agricole dans les provinces en 2002 et 2003

Ottawa (Ontario), novembre 2002 – Depuis la publication des prévisions des revenus agricoles en juillet, les conditions météorologiques extrêmes touchant la saison de croissance 2002 se sont traduites par une baisse substantielle des attentes en termes de productions végétales dans beaucoup d’exploitations agricoles dans les régions du Nord et du Centre de la Saskatchewan et de l’Alberta. Le ministère, en collaboration avec les gouvernements provinciaux, a revu ses prévisions de juillet pour 2002 et en a élaboré d’autres pour 2003.

  • En 2002, le revenu net réalisé (RNR) devrait être inférieur à celui de l’année précédente, où l’on avait atteint un niveau inégalé, mais plus élevé que la moyenne quinquennale. Le RNR devrait continuer à baisser en 2003. Ces prévisions pour 2002 tiennent compte des répercussions de la sécheresse dans les Prairies, de la chute des prix de la viande rouge et des paiements au titre des programmes élevés.
  • Les recettes des productions végétales devraient être supérieures dans toutes les provinces en 2002, à l’exception de la Saskatchewan et de l’Alberta, et devraient être un peu plus élevées encore en 2003.
  • Les recettes des productions animales pour 2002 devraient être inférieures aux niveaux sans précédent atteints en 2001, mais s’améliorer en 2003.
  • Les paiements au titre des programmes devraient être légèrement inférieurs à ceux presque sans précédent de 2001, puis connaître une autre baisse en 2003.
  • Les frais d’exploitation devraient fléchir légèrement en 2002, puis augmenter en 2003, l’amortissement demeurant stable pour la période couverte par les prévisions.

Faits saillants

Revenu agricole

En 2002, le RNR au Canada devrait être inférieur à celui sans précédent de 2001, mais supérieur à la moyenne quinquennale entre 1997 et 2001, principalement en raison de la baisse des recettes des productions animales et des paiements au titre des programmes, ce qui annule largement les petites hausses des recettes liées aux cultures (voir Tableaux – Recettes, dépenses et revenu agricole et Prévisions du CSRN).

Toutes les provinces à l’exception de l’Alberta devraient enregistrer en 2002 un RNR inférieur ou égal à celui de l’année précédente. Les paiements importants en Saskatchewan et en Alberta au titre des programmes relatifs à la sécheresse, dont la majeure partie sera versée en 2002, devraient se traduire par un RNR supérieur en Alberta, en plus de maintenir celui de la Saskatchewan au-dessus de la moyenne. Toutefois, le RNR surestime énormément le véritable rendement économique du secteur, puisque les stocks chez l’exploitant ont dramatiquement chuté en raison de la grave sécheresse qui s’est abattue sur ces deux provinces au cours des dernières années. Ainsi, le revenu net agricole total (après rajustement des stocks) est inférieur à la moyenne quinquennale.

Le revenu net agricole peut varier énormément d’une exploitation agricole à l’autre en raison de nombreux facteurs, notamment le type de produit agricole et les conditions météorologiques locales. C’est notamment le cas des producteurs de céréales et d’oléagineux en Saskatchewan et en Alberta, qui ont dû faire face à une baisse considérable des prix et à la sécheresse dans certaines régions au cours des dernières années.

En 2003, le RNR devrait être encore plus bas qu’en 2002, principalement en raison de la diminution des paiements au titre des programmes et de l’augmentation des dépenses, bien qu’il corresponde à la moyenne quinquennale.

On prévoit en outre que le RNR en Saskatchewan sera beaucoup plus faible qu’en 2001 et que la moyenne quinquennale. Toutefois, le RNR en Alberta devrait diminuer à compter de 2002 tout en demeurant bien supérieur à la moyenne.
Recettes des productions végétales

En 2002, les recettes des productions végétales devraient être supérieures dans toutes les provinces, à l’exception de la Saskatchewan et de l’Alberta, où elles devraient être inférieures à celles de l’année précédente et à la moyenne quinquennale antérieure.

Au cours de la première moitié de l’été, les régions du Nord et du Centre de la Saskatchewan et de l’Alberta ont connu une humidité du sol laissant à désirer, suivie par de la pluie et du gel au cours des mois d’août et de septembre, ce qui a eu des conséquences néfastes sur le rendement et la qualité des cultures dans ces régions. Même si les régions du Sud se portent généralement mieux, on prévoit que la production de céréales, d’oléagineux et de cultures spéciales devraient tout de même fléchir de 26 p. 100 en Saskatchewan par rapport à 2001-2002, alors qu’on prévoit une baisse de production de 44 p. 100 en Alberta.

En raison des conditions peu favorables aux cultures à certains endroits dans l’Ouest canadien, les mises en marché pour les céréales, les oléagineux et les cultures spéciales de ces régions devraient diminuer fortement. Cette situation devrait toutefois être compensée en partie par l’offre et la demande découlant de la grave sécheresse qui a frappé le Canada et l’Australie et la sécheresse modérée qui a touché les États-Unis, ce qui a eu pour effet de faire augmenter le prix des céréales, des oléagineux et des cultures spéciales. En ce qui concerne l’Est canadien, les recettes des productions végétales en 2002 devraient augmenter en raison des prix plus élevés pour les céréales, les oléagineux et les pommes de terre.

En 2003, les recettes des productions végétales devraient augmenter dans toutes les provinces, à l’exception de la Saskatchewan, et demeurer sous la moyenne en Saskatchewan et en Alberta.

La production de céréales, d’oléagineux et de cultures spéciales devrait revenir à un niveau normal. Toutefois, les stocks chez l’exploitant étant extrêmement bas en Saskatchewan, on s’attend à ce que les mises en marché demeurent les mêmes. Les prix seront probablement variables, le complexe aliments du bétail étant généralement en baisse, alors que les oléagineux demeurent stables et que le blé connaît une hausse générale. Ainsi, les recettes des productions végétales devraient enregistrer une autre baisse en Saskatchewan. Elles devraient toutefois être en hausse en Alberta, bien que, même avec cette amélioration, elles demeureront beaucoup plus faibles que la moyenne quinquennale précédente.

Note : À la fin octobre, il restait encore une part importante des champs à récolter en Saskatchewan et en Alberta. Bien que l’on présume qu’ils seront récoltés, on s’attend à ce que l’incidence économique de toute parcelle abandonnée au printemps prochain sera largement compensée par les paiements d’assurance-récolte.

Recettes des productions animales

En 2002, les recettes des productions animales devraient chuter surtout en raison des prix moins élevés du porc et des bovins. Les prix de ces produits chutent à cause de réserves nord-américaines importantes de viande rouge et de volaille. La sécheresse retarde la reconstitution du cheptel bovin et fait croître les mises en marché. Toutefois, les prix moins élevés, plus particulièrement pour le porc, viennent largement compenser l’augmentation des mises en marché du porc et des bovins. Le secteur du porc doit actuellement faire plus avec moins, les prix du porc étant faibles et ceux des aliments, élevés.

Les recettes des produits soumis à la gestion de l’offre devraient diminuer légèrement en 2002, principalement en raison de la baisse de la production laitière et des prix de la volaille. Dans le cas de la production laitière, elle est attribuable à des marchés relativement déprimés et à une grande quantité de stocks. Les prix de la volaille devraient encore chuter, principalement en raison des larges réserves et d’une plus grande concurrence à cause des prix moins élevés pour la viande rouge.

Les recettes des productions animales devraient diminuer dans toutes les provinces en 2002 par rapport à 2001, à l’exception de Terre-Neuve, et ce, en raison d’une forte croissance des recettes tirées des produits laitiers depuis que la province a adhéré au système national de mise en marché du lait de transformation. Les recettes devraient demeurer supérieures à la moyenne dans toutes les provinces.

En 2003, les recettes tirées des productions animales devraient augmenter légèrement. Les recettes tirées du boeuf devraient normalement se stabiliser en raison de la réduction du nombre de mises en marché et de la hausse des prix. On prévoit moins de nouveaux cheptels bovins en début d’année et une reconstitutions marginale de cheptels. Les recettes tirées du porc devraient augmenter à la fois en raison de la hausse importante des mises en marché par rapport à un taux bien inférieur à celui de 2002 et aux prix plus élevés, mais tout de même plus bas qu’en 2001. On prévoit une hausse des recettes tirées des produits soumis à la gestion de l’offre en 2003. Quant aux recettes des productions animales, elles devraient être supérieures à la moyenne dans toutes les provinces.

Paiements au titre des programmes

En 2002, les paiements faits au titre des programmes devraient être légèrement inférieurs au niveau sans précédent atteint en 2001, mais supérieurs à la moyenne quinquennale. Compte tenu des conditions météorologiques extrêmes qui ont touché la Saskatchewan et l’Alberta durant l’été, les paiements au titre de l’assurance-récolte devraient atteindre des niveaux record pendant l’année civile 2002. Les paiements globaux des programmes devraient atteindre des niveaux record en Alberta.

Le nouveau programme fédéral de revenu de transition a également contribué à accroître les paiements en 2002, représentant 600 millions de dollars par an pour 2002 et 2003, tel qu’annoncé le 20 juin, ainsi que 324 millions de dollars à titre de programme d’aide au revenu agricole en Alberta, annoncés le 17 juillet, en plus d’une aide de 220 millions de dollars annoncée par le gouvernement de la Saskatchewan le 29 juillet en raison de la sécheresse, dont 20 millions de dollars en aide directe. De plus, trois provinces, soit l’Alberta, l’Ontario et la Nouvelle-Écosse, se sont entendues pour contribuer à 40 p. 100, comme convenu, au programme fédéral-provincial de revenu de transition échelonné sur deux ans.

En 2003, les paiements au titre des programmes devraient connaître une autre baisse, tout en demeurant supérieurs à la moyenne quinquennale. On présume que les 600 millions de dollars restants en vertu du programme fédéral de revenu de transition et que la part des paiements des trois provinces seront versés aux agriculteurs dans la même proportion que les premiers 600 millions de dollars. Les paiements dans l’ensemble des provinces devraient toutefois être inférieurs à la moyenne, sauf en Saskatchewan et en Alberta.

Dépenses

En 2002, les frais d’exploitation devraient connaître une faible baisse, car la réduction des dépenses liées à l’achat d’engrais et de bovins et aux intérêts sera compensée par les prix plus élevés des aliments du bétail commerciaux. On prévoit que l’amortissement demeurera le même. Les frais d’exploitation et l’amortissement seront supérieurs à la moyenne quinquennale. Les dépenses en engrais ont fléchi, surtout à cause des prix plus bas en raison de la réduction des prix du gaz naturel et de la baisse de la demande attribuable au temps sec dans certaines régions de l’Ouest canadien. En outre, le temps sec combiné aux coûts plus élevés des aliments du bétail devraient se traduire par une réduction des achats interprovinciaux de bovins d’engraissement et par une augmentation des exportations de bovins sur pied vers les États-Unis. Le prix du carburant et les taux d’intérêt devraient chuter à cause de la conjoncture économique faible.

En 2003, les frais d’exploitation devraient augmenter, car tous les intrants des principales productions végétales et de bétail augmentent. Les dépenses liées à l’engrais devraient aussi augmenter en 2003, plus particulièrement dans les Prairies. Après deux années consécutives de faibles ventes d’engrais dans les Prairies, la demande devrait connaître un regain en raison des meilleurs prix pour les céréales et oléagineux. On prévoit qu’il y aura peu de stocks de semences et que les prix seront élevés, ce qui découle directement des conditions arides connues dans l’Ouest canadien, qui ont gravement réduit la qualité et la quantité de semences pour 2003. Les taux d’intérêt devraient quant à eux suivre la tendance à la hausse en raison du regain économique au Canada. Les frais d’amortissement demeureront probablement les mêmes en 2003.

Notes

Les prévisions du revenu agricole ont été préparées par le ministère, avec la collaboration des gouvernements provinciaux. Elles reflètent l’information et les politiques en vigueur à la fin octobre, ainsi que les estimés des productions végétales de Statistique Canada publiés le 4 octobre 2002. Le ministère est chargé de préparer des prévisions préliminaires, à partir d’un ensemble d’hypothèses sur les quantités et les prix, et de consulter les gouvernements provinciaux pour obtenir leurs observations et pour former un consensus sur les prévisions et leur divulgation au public. Les prévisions sont comptabilisées dans l’année civile selon une comptabilité de caisse.

Les résultats pour 2002 diffèrent de ceux prévus en juillet, car ils illustrent mieux la production et les prix réels. En gros, les prévisions de novembre précisent une hausse du RNR par rapport à juillet. L’incidence de la sécheresse dans les Prairies est au cœur des modifications, ainsi que la chute des prix de la viande rouge et l’augmentation substantielle des paiements faits au titre des programmes. L’augmentation de ces paiements est principalement due à des paiements d’assurance-récolte aux agriculteurs considérablement plus élevés que ceux prévus en raison de la grande sécheresse de l’été en Saskatchewan et en Alberta, à l’ajout de 600 millions en aide fédérale sous forme de revenu de transition et à l’aide supplémentaire des gouvernements provinciaux annoncée en raison de la sécheresse après les prévisions de juillet. Les recettes des productions animales sont légèrement moindres, car les prix du bétail et du porc ont chuté plus que prévu en raison de l’offre considérable de viande rouge. Les recettes des productions végétales demeurent les mêmes qu’en juillet, la hausse des prix pour les céréales, les oléagineux et les cultures spéciales, ainsi que les prix plus élevés que prévus pour la pomme de terre, compensent pour le nombre réduit de mises en marché de ces produits en raison de la sécheresse. Les frais d’exploitation sont moindres, surtout à cause des taux d’intérêt plus bas et des dépenses réduites en bétail, en engrais et en pesticides.

Le REVENU MONÉTAIRE NET mesure les liquidités des entreprises agricoles (revenu brut moins frais d’exploitation) obtenues grâce à la production de biens agricoles. Il représente les disponibilités monétaires pour le remboursement des dettes, l’investissement ou les retraits par le propriétaire. Le REVENU NET RÉALISÉ (RNR) mesure les flux financiers, tant monétaires (revenu en espèces) que non monétaires (amortissement et revenu en nature) des entreprises agricoles. Il représente le revenu net agricole d’une année donnée, sans égard à l’année de production des biens agricoles. Le REVENU NET TOTAL mesure les flux financiers et les variations des stocks des entreprises agricoles. Il chiffre la production économique agricole au cours de l’année de production des biens agricoles. Il représente le rendement des capitaux propres du propriétaire, le travail non rémunéré, l’administration et les risques.

Bien que les prévisions soient présentées sous forme de chiffre unique, chaque chiffre correspond à la médiane d’une fourchette de prévisions ou d’un intervalle de confiance implicite, mais non précisé. Une modification mineure apportée aux recettes ou aux dépenses a une grande incidence sur les niveaux de revenu net. Par exemple, une augmentation de 1 % de recettes se chiffrant à 30 milliards de dollars entraîne une augmentation de 12 % du RNR de 2.8 milliards de dollars.

Les paiements du Compte de stabilisation du revenu net (CSRN) représentent uniquement les retraits des producteurs du fonds 2 (celui de l’État). L’accumulation considérable dans le fonds 1 (celui des producteurs) et les montants autorisés mais non retirés du fonds 2 ne sont pas inclus. Le programme est conçu en fonction des revenus individuels et tient compte de l’ensemble de l’exploitation. Les producteurs ne sont pas tenus de retirer de leur compte les montants autorisés.

L’année de référence (2001) correspond aux estimations publiées par Statistique Canada, le 28 mai 2002. La moyenne quinquennale 1997-2001 couvre un intervalle dans lequel la plupart des secteurs agricoles ont eu un rendement satisfaisant, plus particulièrement dans les premières années de la période. Les recettes des productions végétales ont grimpé à un niveau inégalé en 1997, pour ensuite commencer à baisser en 1998, jusqu’en 2001, où une légère augmentation a été enregistrée. Les recettes des productions animales, secteurs des bovins et des porcs aux premiers rangs, ont conservé une tendance à la hausse au cours de la période quinquennale.

Tableaux

  • Cliquez ici pour visionner les Recettes, dépenses et revenu agricole
  • Cliquez ici pour visionner les Prévisions du CSRN
  • Cliquez ici pour visionner la Production de grains, oléagineux et cultures spéciales par province

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture Canada

http://Aceis.AGR.CA/

Commentaires