Réduction des risques liés aux pesticides et protection accrue de l’environnement

Ottawa (Ontario), 23 mai 2002 – Les agriculteurs, les transformateurs et les consommateurs canadiens tireront profit d’une nouvelle initiative du gouvernement du Canada visant à accroître l’accès à des pesticides à risque réduit.

Le ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, M. Lyle Vanclief, et la ministre de la Santé, Mme Anne McLellan, ont décrit aujourd’hui cette importante initiative environnementale de 7,3 millions de dollars qui vise notamment à réduire les risques associés aux pesticides en mettant à la disposition des Canadiens des produits plus sûrs. Elle vise également une plus grande compétitivité des producteurs canadiens.

Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) dépensera 3,3 millions de dollars pour collaborer avec l’industrie et les provinces en vue d’accroître la disponibilité sur le marché des pesticides à risque réduit et de ceux plus écologiques. Ceci aidera les agriculteurs canadiens à améliorer leur compétitivité sur la scène internationale.

L’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada allouera quatre millions de dollars à l’initiative. L’ARLA élaborera et mettra en oeuvre des stratégies de réduction des risques pour la santé et l’environnement et encouragera la diminution de l’usage de pesticides. L’agence mettra également en place un programme qui a pour but de rendre des produits à risque réduit, y compris les produits à usage limité, accessibles à des fins essentielles.

Les pesticides à usage limité sont ceux utilisés en si petites quantités que les fabricants ne croient pas que les ventes potentielles sont suffisantes pour justifier l’enregistrement des produits au Canada.

« La santé et la sécurité des Canadiens, de nos aliments, de notre environnement, tout comme le rendement des producteurs, revêtent une importance capitale pour nous, a affirmé M. Vanclief. Grâce à cette initiative, les producteurs canadiens auront accès à des technologies écologiques de lutte antiparasitaire. D’autre part, l’initiative nous permettra de mieux coordonner les activités et la recherche dans le domaine des pesticides au Canada. »

AAC aura les capacités nécessaires pour coordonner et prioriser les activités sur les pesticides à risque réduit et à usage limité, grâce à l’effort concerté des gouvernements, des fabricants et des producteurs. Le succès de cette nouvelle initiative repose sur la collaboration de l’ensemble des intervenants et l’établissement d’un organisme de réglementation pour superviser les efforts déployés par ces derniers.

« Ces efforts visant à réduire les risques et à accroître la protection de l’environnement viennent renforcer le nouveau projet de Loi sur les produits antiparasitaires actuellement à l’étude au Parlement, a dit la ministre McLellan. Veiller à avoir des réserves alimentaires sûres et fiables et réduire les risques liés aux pesticides sont essentiels pour protéger la santé des Canadiens et l’environnement. »

Le président du Groupe de travail du premier ministre sur l’avenir de l’agriculture, M. Bob Speller, député de Haldimand-Norfolk-Brant, a déclaré qu’il était heureux de cette annonce comme étant une réponse aux recommandations contenues dans le rapport d’étape du Groupe de travail.

« Ces mesures reconnaissent les besoins des producteurs primaires et verront à résoudre, à long terme, les lacunes auxquelles doivent faire face les agriculteurs pour avoir accès à des produits à usage limité. »

« La durabilité est un mot clé pour les agriculteurs canadiens aujourd’hui; la durabilité de l’environnement, de l’économie et de la vie en milieu rural, a déclaré le président de la Fédération canadienne de l’agriculture, M. Bob Friesen. Cette initiative est un pas important afin que les producteurs canadiens puissent demeurer compétitifs et ce, en ayant accès aux outils dont ils ont besoin pour produire, dans le respect de l’environnement, les meilleurs aliments et les plus sûrs au monde. » « L’initiative et les fonds annoncés aujourd’hui répondent à nos préoccupations et à nos recommandations, a déclaré le président du Conseil canadien de l’horticulture, M. Ken Forth. La réduction des risques, l’accès à de nouvelles technologies, la recherche et la coordination des efforts amélioreront notre capacité à rester compétitifs et à satisfaire les attentes des consommateurs. Un travail concerté est nécessaire et nous sommes heureux de collaborer avec les ministères pour atteindre nos objectifs. Il y du travail à faire mais nous avons hâte de commencer ! »

En outre, M. Vanclief a annoncé qu’il doublera les ressources allouées à la Direction générale de la recherche d’AAC, soit deux millions de dollars, pour la production de données sur les pesticides à usage limité. Cette production de données, associée au nouvel investissement, servira à élaborer les demandes nécessaires pour enregistrer les pesticides à usage limité auprès de l’ARLA. L’Agence double également ses ressources pour évaluer les demandes d’homologation des produits à usage limité.

M. Vanclief alloue également un million de dollars provenant du Fonds canadien d’adaptation et de développement rural (FCADR) de 2002 pour faciliter la mise en place des nouvelles initiatives et aider les groupements professionnels agricoles et les groupements de producteurs spécialisés à contribuer à leur développement et à leur mise en oeuvre.

Un conseiller (médiateur) en matière de pesticides à usage limité sera nommé à temps plein et affecté à l’ARLA. Il assurera la liaison avec les associations de producteurs, les provinces, les demandeurs d’homologation et AAC pour s’assurer que les priorités concernant les demandes soient bien cernées, qu’AAC produit les bonnes données et que l’évaluation des demandes soit exécutée rapidement.

« Les agriculteurs ont identifié l’enregistrement des pesticides à usage limité comme une préoccupation majeure, a déclaré le député Murray Calder. L’annonce d’aujourd’hui est un pas en avant pour faire face à cet enjeu et j’espère que cette initiative profitera aux agriculteurs. »

« Les fonds permettront à l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire d’assurer que les pesticides à usage limité deviennent une réalité et qu’ils soient disponibles à temps, a pour sa part mentionné la députée de Lambton-Kent-Middlesex, Mme Rose-Marie Ur. Le programme pour les produits à usage limité donnera aux agriculteurs partout au Canada un meilleur accès à ces produits. Cela permettra d’uniformiser les règles du jeu et de soutenir la concurrence sur les marchés mondiaux. »

La réduction des risques découlant de l’utilisation de pesticides est un élément important du Cadre stratégique pour l’agriculture (CSA), sur lequel tous les ministres canadiens de l’agriculture se sont entendus en principe l’année dernière. Le CSA vise à promouvoir le Canada comme étant le chef de file mondial au chapitre de la salubrité des aliments, de l’innovation et de la production écologique.

Document d’information

Réduction des risques associés aux pesticides

AAC et l’ARLA travailleront en étroite collaboration pour améliorer la disponibilité de produits antiparasitaires sûrs et écologiques. AAC créera un organe central de coordination aux fins suivantes :


  • établir des protocoles pour les essais au champ et les analyses de résidus;

  • effectuer des essais de production de données;

  • préparer des demandes d’homologation.

Une structure de régie sera établie pour que les principaux intervenants puissent fournir des conseils sur la gestion de cette initiative.

La création et l’utilisation de fiches techniques sur les cultures représenteront un élément clé de l’approche d’AAC. Les fiches techniques brosseront un tableau complet de la lutte contre les ennemis d’une culture en fournissant des renseignements sur l’éventail de ravageurs, les méthodes de lutte chimique, les données relatives à l’utilisation de pesticides, les pratiques culturales et les nouvelles avancées.

Ces fiches techniques fourniront les renseignements de base nécessaires pour aider à classer les besoins de lutte par ordre de priorité et à élaborer des stratégies de réduction des risques pour les produits. Elles pourraient aussi avoir des liens utiles avec d’autres initiatives associées aux plans agroenvironnementaux et à la salubrité des aliments.

Les activités d’AAC seront liées à celles des États-Unis. En conséquence, les producteurs canadiens devraient attendre moins longtemps pour avoir accès aux nouveaux pesticides et aux nouveaux usages des pesticides existants.

AAC continuera d’aider à réduire l’utilisation de pesticides en effectuant des recherches et en favorisant l’adoption de pratiques de lutte intégrée faisant appel à une combinaison de techniques comme la rotation des cultures, le travail du sol et les moyens de lutte biologique et chimique.

L’ARLA est à mettre en place un programme de distribution de produits à risque réduit pour des utilisations essentielles. Ce programme pour les demandes présentées au Canada sera le prolongement du programme d’examen conjoint de l’ARLA et de la U.S. Environmental Protection Agency pour les pesticides à risque réduit.

Aide d’Agriculture et Agroalimentaire Canada pour le Programme des pesticides à emploi limité

Les agriculteurs canadiens qui produisent des cultures diverses sur de petites superficies ont un accès limité aux pesticides nécessaires pour lutter contre les ravageurs. Ce problème nuit à leur compétitivité sur le marché international.

L’aide de deux millions de dollars fournie par AAC pour la production de données devrait favoriser nettement l’augmentation du nombre de nouveaux usages homologués de pesticides à emploi limité et à risque réduit. En outre, AAC devrait être en mesure de doubler le nombre de demandes d’homologation annuelles qui sont présentées à l’ARLA.

La Direction générale de la recherche d’AAC a un petit programme qui produit des données sur les pesticides à emploi limité. AAC augmentera sa capacité de production de données à six endroits au Canada. Ces endroits seront choisis de façon à tenir compte de la répartition régionale des principaux groupes de cultures et des zones climatiques.

Les essais seront coordonnés à l’échelle du Canada et le groupement des cultures servira à améliorer l’efficacité des essais au champ et à faire en sorte qu’un nombre maximal de cultures soient visées dans une demande d’homologation. Les données produites seront utilisées dans les demandes d’homologation préparées par AAC et envoyées à l’ARLA.

Les priorités au titre de la production de données seront établies de concert avec les producteurs, les fabricants de pesticides et les gouvernements provinciaux.

La nouvelle initiative améliorera la disponibilité de pesticides à emploi limité et à risque réduit. Les producteurs canadiens, en particulier ceux de l’industrie horticole, seront ainsi en meilleure posture pour livrer concurrence aux producteurs américains. Ces derniers ont accès à un plus grand nombre de pesticides homologués, notamment à des produits plus sûrs et plus écologiques.

Aide de Santé Canada pour le Programme des pesticides à emploi limité

L’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada fournit une aide additionnelle à son Programme des pesticides à emploi limité pour faciliter l’accès des producteurs aux nouveaux usages limités à risque réduit.

L’ARLA doublera les ressources affectées à l’examen des usages limités. De cette façon, quand Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) produira les données et proposera des demandes d’homologation d’usages limités, il y aura un nombre suffisant d’employés de l’ARLA en service pour voir au respect du délai d’examen des usages limités (six mois).

Un conseiller (médiateur) à temps plein en matière d’usages limités, comme celui de la U.S. Environmental Protection Agency (EPA), sera nommé et travaillera en étroite collaboration avec AAC, les associations de producteurs, les provinces et les détenteurs d’homologation pour s’assurer que des priorités sont établies pour les demandes d’homologation de pesticides à emploi limité posant un risque réduit, qu’AAC produit les données appropriées et que les examens des demandes se déroulent rapidement. En outre, le conseiller en matière d’usages limités assurera une liaison étroite avec l’EPA et le Projet interrégional numéro 4 (IR-4) du U.S. Department of Agriculture pour voir à l’utilisation optimale des données disponibles.

L’ARLA traite actuellement les homologations de pesticides à emploi limité dans le cadre du Programme d’homologation des usages limités à la demande des utilisateurs (PHULDU). Grâce à ce programme coopératif auquel participent les groupes promoteurs, les coordonnateurs provinciaux du Programme des pesticides à emploi limité pour le secteur des forêts, les agences provinciales et fédérales et les détenteurs d’homologation, les utilisateurs peuvent encourager les détenteurs d’homologation à appuyer l’approbation d’un usage limité additionnel pour un produit déjà homologué (c’est-à-dire un usage pour une culture ou un ravageur non visé par les homologations en vigueur).

La création de fiches techniques sur les cultures fournira un outil important pour évaluer les besoins de lutte applicables à un produit et établir un plan de réduction des risques. Un tel plan consistera à déterminer les besoins en nouveaux produits, à évaluer les retombées du retrait de produits et à définir les mesures à prendre pour rendre la production d’un produit plus viable.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA)

http://www.hc-sc.gc.ca/pmra-arla/

Agriculture Canada

http://Aceis.AGR.CA/

Fédération Canadienne de l’agriculture

http://www.cfa-fca.ca/

Santé Canada

http://www.hc-sc.gc.ca

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