Retour du vieux châtaignier sur des exploitations agricoles du sud de l’Ontario

Ottawa (Ontario), 24 janvier 2003 – En 1900, on trouvait plus de deux millions de châtaigniers d’Amérique dans le sud de l’Ontario. Atteignant 30 mètres de hauteur et possédant un tronc de deux mètres de diamètre, ces géants donnaient un bois à droit fil, résistant à la pourriture, ainsi que les meilleures châtaignes de toutes.

Cette population a prospéré jusqu’à ce qu’une maladie, la brûlure du châtaignier, accidentellement introduite en Amérique du Nord au cours des années 1900, se propage dans les forêts comme un feu de brousse. En 1950, la maladie n’avait épargné que quelques arbres.

Mais aujourd’hui, le châtaignier d’Amérique effectue un retour, grâce à l’Association pour l’amélioration des sols et des récoltes de l’Ontario (AASRO), un groupe d’agriculteurs collaborant avec les organismes environnementaux et récipiendaire du prix Paysage agricole canadien.

En février 2000, le Fonds canadien d’adaptation et de développement rural (FCADR) d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) a consacré 600 000 dollars sur quatre ans au programme de reconnaissance Paysage agricole canadien, assorti d’un prix du même nom. Par ce programme, Habitat faunique Canada, en collaboration avec la Fédération canadienne de l’agriculture, honore les agriculteurs et les éleveurs de tout le Canada pour leurs efforts exemplaires dans l’intendance de l’environnement. On récompense ainsi les propriétaires fonciers qui conservent l’habitat faunique, plantent des arbres ou des végétaux qui procurent nourriture et abri à la faune, installent des nichoirs sur leurs propriétés ou, par d’autres moyens, trouvent le juste milieu entre l’agriculture profitable et l’aménagement durable des ressources.

La viabilité de l’environnement, notion clé du programme de reconnaissance Paysage agricole canadien et élément clé du FCADR (dont l’enveloppe est de 60 millions de dollars par année) est également à la base d’une nouvelle orientation : le Cadre stratégique pour l’agriculture. Élaboré conjointement par les ministres fédéral, provinciaux et territoriaux de l’Agriculture, ce dernier vise à tirer parti des initiatives telles que le programme Paysage agricole canadien pour améliorer de façon appréciable la qualité de l’air, de l’eau et des sols ainsi que rendre plus compatibles la biodiversité et l’agriculture.

« Le projet a rallié un nombre incroyable d’adhésions », se réjouit Andy Graham, coordonnateur des Programmes d’intendance pour l’AASRO. Cette association se consacre à la promotion, entre les membres, de l’utilisation responsable des ressources naturelles comme l’air, les sols et l’eau.

M. Graham voulait que les agriculteurs participent à la résolution d’enjeux environnementaux importants, mais il savait qu’il lui fallait d’abord une cause, une espèce pouvant montrer comment la viabilité de l’environnement et l’agriculture pouvaient aller de pair.

« Après avoir examiné un certain nombre d’espèces, poissons, animaux à fourrure, oiseaux, nous avons finalement choisi un arbre, le châtaignier d’Amérique, dit-il. Il s’est simplement trouvé que la communauté agricole a adhéré rapidement à notre cause. Bon nombre de communautés agricoles conservent de plaisants souvenirs du châtaignier d’Amérique. »

Évidemment, cela n’a pas nui d’avoir un plan de travail concret et maniable pour ressusciter l’essence. En collaboration avec le Conseil canadien du châtaignier, l’AASRO s’est donné, avec l’aide d’Agriculture et Agroalimentaire Canada ainsi qu’Environnement Canada, un plan en trois points pour préparer sa réintroduction.

Premièrement, l’AASRO collabore avec les agriculteurs à un programme massif de plantation de plus de 1 000 châtaigniers sur 24 exploitations partout en Ontario. Certaines de ces exploitations ont été délibérément choisies parce qu’elles sont éloignées de l’aire historique du châtaignier, ce qui les isole des zones où la brûlure avait coutume de sévir.

Deuxièmement, des chercheurs étudient les quelques survivants âgés pour élucider leur résistance à la brûlure.

« Certains croient que certains de ces arbres possèdent une tolérance génétique à la brûlure », dit M. Graham. Cette tolérance serait transmissible aux nouveaux semis. « Mais, en cela, rien n’est sûr. L’espoir que certains arbres possédaient une tolérance suffisante s’évanouit un peu, et on constate, grâce aux efforts du Conseil canadien du châtaignier, que le meilleur gage de survie de cette espèce est le programme d’hybridation. »

L’hybridation, troisième point du plan, signifierait que les forêts de châtaigniers de l’avenir seraient légèrement différentes de celles du passé.

« L’objectif est un arbre qui serait aux 15/16 châtaignier d’Amérique et à 1/16 châtaignier de Chine. En effet, cette dernière variété a acquis une résistance à la brûlure », de dire M. Graham.

L’Association pour l’amélioration des sols et des récoltes de l’Ontario fait partie des 16 personnes et organismes qui, dans tout le Canada, ont été reconnus cette année par le programme Paysage agricole canadien. Ils ont reçu une estampe encadrée, à tirage limité, de « The Awakening », peinture de l’artiste du monde agricole Antony John montrant le besoin de compréhension, de soins, y compris d’intendance, pour être en harmonie avec la nature.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture Canada

http://Aceis.AGR.CA/

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