Réforme de la pêche : la France dénonce les « solutions uniformes »

Paris (France), 6 juin 2002 – Le ministre de l’Agriculture et de la Pêche Hervé Gaymard dénonce, dans un entretien accordé à l’hebdomadaire « Valeurs actuelles », les « solutions uniformes » proposées par la commission européenne en matière de politique maritime des Quinze.

Réagissant à la proposition de réforme radicale de la pêche annoncée par Bruxelles le 28 mai, Hervé Gaymard accuse la commission européenne de vouloir « imposer uniformément à chaque Etat la manière de pêcher, en considérant que le seul moyen d’aboutir à une activité de pêche durable est de programmer des coupes sombres des flotilles et donc de sacrifier les emplois qui en dépendent ».

Selon lui, « la France, mais aussi l’Espagne, le Portugal, l’Italie, la Grèce et même l’Irlande (seraient) les plus touchés » par le plan de Bruxelles, qui « semble en revanche ménager la pêche industrielle des pays de l’Europe du Nord ». « Nous ne pouvons pas accepter cette démarche », dit-il.

Interrogé sur les stocks de poissons qui seraient selon certains scientifiques en diminution, Hervé Gaymard reconnaît que les « prises diminuent sur de nombreuses espèces ». « Pour autant, les méthodes d’évaluation scientifique des stocks sont elles-mêmes sujet à discussion », dénonce-t-il, avant de plaider pour un « système de validation » qui serait « reconnu par tous les Etats membres ».

Le ministre affirme qu’il ne « conteste pas » à la commission « le droit de (leur) soumettre les mesures qui lui paraissent nécessaires. Ce qui est regrettable, c’est de les présenter comme des décisions déjà prises », souligne-t-il.

Le projet de réforme de pêche des Quinze réduirait jusqu’à 60% les flottes de l’Union européenne afin de préserver les ressources maritimes. Il pourrait entraîner la disparition de près de 30.000 emplois d’ici 2006. Le gouvernement français s’y est fortement opposé.

Source : AP

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