Salon de l’agriculture de Paris : les professionnels désemparés, des visiteurs déçus

Paris (France), 25 février 2006 – Dans les allées très fréquentées du Salon de l’agriculture, professionnels et visiteurs se montraient inquiets après la confirmation d’un premier cas de grippe aviaire dans un élevage, mais également désolés de l’absence de volailles sur les stands.

Les coqs, poules, canards, faisans et autres oiseaux d’ornement, interdits cette année pour cause de grippe aviaire, avaient cédé la vedette aux moutons, lapins ou bovins, au grand dam de certains visiteurs et de leurs enfants.

Près du stand de la Bergerie nationale de Rambouillet (Yvelines), où les poussins ont été remplacés par une lapine et ses sept lapereaux, Carl Dunning-Gribble, venu avec ses quatre enfants, se désole: « C’est dommage qu’il n’y ait pas de volailles au Salon, parce que ça fait partie de la ferme ».

« C’est surtout les enfants qui sont déçus parce que l’année dernière, ils avaient participé à un concours avec des poussins et ils pensaient en voir encore cette année », commente-t-il. « Je voulais voir les oiseaux », renchérit Danièle, la cinquantaine, venue de Seine-et-Marne.

Le désarroi l’emporte aussi chez les éleveurs, inquiets de l’ampleur possible de la grippe aviaire. « Mon fils a été obligé de rentrer les volailles chez nous. Mais on ne peut pas empêcher les oiseaux sauvages de voler », s’inquiète Jean-Pierre Josselin, éleveur de moutons de l’Oise, en train de s’occuper de ses bêtes dans leur enclos.

« C’est embêtant pour les éleveurs de volailles. Je les plains parce que les consommateurs vont bouder leurs marchandises », affirme de son côté Jean-Marc Enjalbert, éleveur de veaux Label rouge dans l’Aveyron.

Mais s’ils sont inquiets du premier cas de grippe aviaire dans un élevage, visiteurs et professionnels se disent confiants dans la viande de volaille. « Il y a une différence entre grippe aviaire et consommation. Nous, ça ne nous fait pas du tout peur de manger du poulet ou des oeufs. On est de la campagne », lance une femme, la cinquantaine, participant à une dégustation gratuite d’oeufs durs sur un stand.

Jacques Chirac a dénoncé « une panique injustifiée » et une « psychose » face à un risque de grippe aviaire pour les consommateurs et a lui-même donné l’exemple en mangeant à plusieurs reprises de la volaille de Bresse, inaugurant samedi le Salon de l’Agriculture à Paris.

Il a joint le geste à la parole en avalant plusieurs morceaux de poulet de Bresse, la région où l’élevage a été touché, alors que poules et poussins ont été bannis du Salon pour cause de grippe aviaire.

« Hélas, on voit se développer, avec les conséquences économiques et sociales que cela comporte, une espèce de panique totalement injustifiée », a dit Jacques Chirac, après avoir rencontré des responsables vétérinaires et des responsables de la filière avicole.

« Il n’y a aucun intérêt à provoquer une psychose, un affolement, c’est scandaleux », a-t-il réitéré un peu plus tard au stand de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles).

Le chef de l’Etat a parcouru les allées de « la première ferme de France » pendant quatre heures, infligeant une sorte de démenti à ceux qui l’estimaient affaibli physiquement par son accident vasculaire cérébral du début septembre.

Avec le même entrain que les années précédentes, il a dégusté fromages et produits régionaux, avalé des bières, admiré vaches et cochons, serré des mains, embrassé des enfants, posé pour les photographes amateurs, le tout dans une bousculade bon enfant.

« Nous sommes rassurés par les discours du ministère la Santé et je ne pense pas qu’il y a danger. Le nouveau cas dans un élevage, on s’en doutait de toutes façons », a confirmé Jennifer, 23 ans.

Jean-Jacques Jarjanette, directeur commercial chez Matines (oeufs), d’ajouter: « Pour l’instant, rien n’a changé par rapport à d’habitude. Nous n’avons juste pas mis de poules sur notre stand. Mais on a du monde », estime-t-il.

S’attardant derrière les vaches ou pour photographier les moutons, certains visiteurs reconnaissent malgré tout être rassurés par l’absence de volatiles, « S’il y avait eu des volailles, j’aurais peut-être hésité à venir », lâche Cyril, un père de famille, venu de banlieue parisienne avec ses deux enfants.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Salon international de l’agriculture
http://www.salon-agriculture.com/

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