Savoir acheter sur les marchés à terme



Le producteur de porc de l’avenir devra s’intéresser aux marchés à terme, mais il devra aussi apprendre à garder la tête froide.

La tendance est nouvelle pour la plupart des producteurs porcins, mais quelques-uns d’entre eux ont acquis une solide connaissance des marchés à terme depuis plusieurs années déjà. C’est le cas de Raymond Breton, copropriétaire, avec son frère Jean-Pierre de l’entreprise Bernard Breton de Saint-Narcisse-de-Beaurivage, en Chaudière-Appalaches.

Raymond Breton est l’acheteur de grains pour la fabrication de moulée pour les porcs de l’entreprise et les animaux des clients. Il achète aussi des grains qui sont vendus directement aux producteurs fabriquant leur moulée à la ferme. De plus, il négocie la vente des porcs de l’entreprise sur le marché boursier.

Raymond Breton se décrit comme un passionné des grains. Arrivé à 7 h le matin, il quitte rarement le bureau avant 19 h. Le suivi des prix du marché est pour lui un emploi à temps plein. « J’ai commencé à m’intéresser à la bourse au début des années 80, se rappelle-t-il. Je ne connaissais rien de tout ça. »

Son caractère curieux l’a amené à vouloir comprendre comment était fixé le prix des intrants. Il voulait en savoir toujours plus. À l’époque, il n’était pas seul à s’intéresser au marché boursier puisque quelques autres intégrateurs de la région se lançaient dans cette voie. « J’achetais de tout, même de l’huile », se rappelle Raymond Breton. Il était tombé dans le piège de la spéculation. Mais, après quelques mois et des pertes monétaires importantes, il a tôt-fait de revenir sur terre.

« Je pensais tout connaître », se rappelle-t-il. Aujourd’hui, après plus de 25 ans, il dit en avoir encore à apprendre. Ses transactions sont moins nombreuses, mais plus ciblées. Le nombre de produits transigés a diminué drastiquement. Deux types de produits sont négociés : les grains et les porcs. « Mon rôle, comme producteur de porcs, est de prendre une double police d’assurance », explique-t-il. D’un côté, il achète des grains et autres intrants au plus bas prix possible pour la fabrication de la moulée. De l’autre, il essaie d’avoir le meilleur prix possible pour son porc. « Il faut que je protège mon coût de production », insiste-t-il.

L’essentiel est de faire de la contrepartie, cette opération par laquelle il est possible de se protéger des fluctuations des marchés à l’aide de la bourse en vendant ou en achetant, selon le cas, le produit que l’on désire physiquement négocier. Sans bien physique à vendre ou à acheter, l’opération devient ce qu’on appelle de la spéculation.

La suite dans votre Bulletin des agriculteurs du mois de novembre.

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