SmartStax : deux groupes s’opposent

Ottawa (Ontario), 29 juillet 2009 – Le Réseau canadien d’action sur les biotechnologies (RCAB) et le Réseau québécois contre les OGM (RQcOGM) exigent que le gouvernement fédéral retire l’autorisation du « SmartStax », un mais OGM contenant huit gènes tant que Santé Canada n’aura pas fait des évaluations complètes et indépendantes.

Les deux réseaux ont fait cette demande après avoir appris que SantéCanada n’a pas fait d’évaluation de salubrité pour le « SmartStax ».L’évaluation de la salubrité d’un OGM dans lequel ont été introduits plusieursgènes fait partie des normes adoptées par le Codex Alimentarius – un organedes Nations-Unies dont le mandat est de développer des normes pour lasalubrité alimentaire et qui est reconnu par l’Organisation mondiale ducommerce (OMC) pour le règlement des litiges.

Le SmartStax de Monsanto et de Dow AgroSciences est un mais OGM quipermet à la plante d’être tolérante à plusieurs herbicides et de produireplusieurs insecticides simultanément a été autorisé par l’Agence Canadienned’inspection des aliments, mais pas par Santé Canada.

« Santé Canada n’a même pas entrepris ou exigé des évaluations desalubrité pour ce mais SmartStax », constate Lucy Sharratt du RCAB. « SantéCanada a abdiqué ses responsabilités et ignoré les risques pour la santépublique que pourrait causer ce nouveau mais OGM auquel ont été ajoutés huitgènes que l’on retrouvera bientôt dans les corn flakes. »

« Combiner huit gènes ensemble peut avoir des effets inattendus comme lacréation de nouvelles allergies ou toxines, » rappelle le Dr. Michael Hansen dela Consumers Union. « Ce mais OGM aurait dû subir des évaluations de salubritéspécifiques comme le recommande la Directive régissant la conduite del’évaluation de la sécurité sanitaire des aliments dérivés de plantes à ADNrecombiné adoptée en 2003 par le Codex Alimentarius. »

« Les normes et les directives du Codex servent aussi à résoudre lesconflits au niveau du commerce international et l’absence d’évaluations desalubrité pour le SmartStax pourrait signifier que d’autres pays pourraient lerejeter sans violer les règles de l’OMC », constate Eric Darier.

« Santé Canada ne fait pas de tests pour la salubrité et fait plutôtconfiance aux affirmations de salubrité fournies par les entreprises, »constate le Dr. Shiv Chopra, un scientifique ex-fonctionnaire de Santé Canadaet auteur du livre Corrompus jusqu’à la moelle qui explique le scandale del’hormone de croissance bovine. « Comme toujours, Santé Canada protège lesintérêts des entreprises plutôt que la santé ».

« Autoriser le SmartStax sans évaluation, un jour après la publication durapport sur le scandale de la listériose, illustre l’actuelle profonde crisede gouvernance et d’incompétence en matière de salubrité des OGM », conclutEric Darier directeur de Greenpeace au Québec.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Dow AgroSciences Canada
http://www.dowagro.ca/

Monsanto Canada
http://www.monsanto.ca/

Organisation mondiale du commerce (OMC)
http://www.wto.org/

Réseau québécois contre les OGM (RQcOGM)
http://www.multimania.com/rqcogm/

Santé Canada
http://www.hc-sc.gc.ca

Commentaires