Soya : objectif 1,5 t/a

Les années où l’on se satisfaisait d’un rendement d’une tonne de soya à l’acre sont maintenant dernière nous. « Je pense qu’il faut maintenant viser 1,5 tonne à l’acre (3,7 t/ha) », soutient Miguel Provost, agronome et gérant de territoire chez Semences Prograin.

Comment y arrivera-t-on? Une partie de la solution se trouve dans les semis hâtifs, une pratique qui commence à percer au Québec.

« Je sens qu’il y a une tendance à semer son soya plus tôt. Des producteurs commencent à mettre autant d’énergie dans leurs semis de soya que dans leurs semis de maïs », soutient Miguel Provost.

L’an dernier, Prograin a effectué un premier essai de semis hâtif, pour mesurer l’impact de la date de semis et de l’utilisation d’un traitement de semence de type CruiserMaxx. Les résultats sont intéressants, mais à interpréter avec prudence, puisqu’ils ne reflètent que deux dates de semis, la même année.

Sur les semis du 15 avril, le traitement de semence a permis un rendement supérieur de 193 kg/ha, comparativement aux semences non-traitées. Avec le même taux de semis, le traitement de semence a permis à environ 15 % plus de plants de survivre.

Sur les semis du 27 mai, il n’y avait pratiquement pas de différence entre les rangs de semences traitées et non-traitées.

Les semis du 15 avril ont mis beaucoup de temps à sortir de terre, mais ils ont donné en bout de ligne plus de rendement (+165 kg/ha) avec moins de plants (-18 %) que les semis du 27 mai.

La différence de rendement est significative, même si elle n’est pas immense, reconnaît Miguel Provost. En obtenant plus de rendement avec moins de plants, la densité est réduite, ce qui présente l’avantage de faire du plant de soya un habitat moins attrayant pour les maladies.

Cette année, Prograin fera d’autres essais, mais avec un écart de dates plus modeste. L’idée sera de comparer la performance d’un soya semé en même temps que les premiers semis de maïs, avec un soya semé après que les semis de maïs soient terminés.

Malgré les avantages de semer son soya plus tôt, Miguel Provost croit que c’est véritablement la génétique des futures générations de variétés de soya qui permettra les plus grandes augmentations de rendement.

« Notre but est de développer des variétés adaptées (aux conditions du Québec) », conclut Miguel Provost en parlant du prochain centre de recherche de Prograin, à Saint-Césaire, où l’on procédera notamment au génotypage des variétés de soya, afin d’accélérer les croisements.

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