Tant vaut le fourrage, tant vaut le nutritionniste…

*texte de Guy Forand, agronome, Bélisle – Triolact

Comme ma tâche chez Bélisle consiste à aider nos conseillers à améliorer la production de fourrages chez nos clients, à mon arrivée comme spécialiste j’ai posé la question suivante : «Sur quoi voulez-vous que je travaille ?» La réponse qu’ils m’ont faite fut assez simple : «On souhaiterait que les champs de foin donnent autant de rendement que leurs champs de maïs ensilage et on voudrait des ensilages de qualité, uniformes d’un bout à l’autre des silos ». C’est le gros bon sens. Mais comment concocter des rations élevées en fourrage s’il manque de fourrages et que la qualité laisse à désirer?

Des rendements élevés
Avec notre moyenne québécoise de rendement fourrager de 5 tm m.s./ha, nous avons du chemin à parcourir. Des chercheurs de l’Université du Minnesota ont obtenu des rendements très près de nos rendements en maïs ensilage sur des mélanges fourragers trop rarement utilisés au Québec (Peterson, 2011).

Tableau fourni par Guy Forand

Tableau fourni par Guy Forand

Les tests furent exécutés à Underwood au Minnesota, une municipalité au climat comparable à Drummondville. Il y a de l’espoir, car certains de nos producteurs laitiers ont déjà réussi à atteindre 12 tm m.s./ha.

Et la qualité ?
La quantité de fourrages qu’une vache pourra ingérer dépendra de sa qualité, sa digestibilité, sa durée de passage et son appétence. En pâturage intensif, une vache de 635 kg peut consommer jusqu’à 110 kg de fourrage frais par jour, ce qui représente beaucoup plus que les standards de consommation suggérés dans l’industrie. Selon Dr Larry Chase (Université Cornell), la digestibilité d’un fourrage peut varier de 10 à 15 unités, ce qui peut engendrer des différences de rendement en lait de l’ordre de 3 à 4 kg de lait par vache par jour.

Dans le champ, le maintien d’un bon ratio graminées-légumineuses, de la première à la dernière coupe, facilitera l’atteinte d’objectifs élevés de consommation. Il faudra aussi s’efforcer de maintenir ce ratio dans les baisseurs plus humides et sur les coteaux surdrainés. Des peuplements équilibrés et des fourrages récoltés jeunes, ça fermente mieux, ça fait le bonheur des microbes du rumen et ça fait plus de lait à meilleur coût.

S’ils veulent mieux participer au succès des producteurs laitiers, les intervenants en végétal doivent passer plus de temps dans les champs de foin et mieux comprendre les besoins des vaches. Pour ce qui est des conseillers en alimentation, ceux-ci auraient tout à gagner à s’investir en amont de l’étable dans la production fourragère. Après tout ce sont eux qui doivent composer les rations laitières. Reste toujours que MEILLEUR SERA LE FOURRAGE, MEILLEUR SERA LE NUTRITIONNISTE.

 

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