Tradition, modernité et diversité au programme du 40e Salon international de l’Agriculture

Paris (France), 21 février 2003 – Après quarante années de beuglements, hennissements et ruades dans les stands et de parcours gourmands dans les allées, le Salon international de l’Agriculture (SIA), qui ouvrait ses portes samedi dernier jusqu’au 2 mars, compte encore battre des records de fréquentation et d’originalité.

L’an dernier, près d’un Français sur cent (612 610 visiteurs, dont 66 000 moins de 15 ans) est venu se promener dans les quelque 134 000m2 du SIA. Et pas seulement pour tâter les pis des vaches, admirer la puissance des boeufs ou apprendre à reconnaître la brebis lourdaise de la raïole.

Sur les centaines de stands montés Porte de Versailles, les visiteurs peuvent aussi parcourir les 22 « régions de France », découvrir les traditions de leurs terroirs, goûter leurs produits, apprendre à manger équilibré et voyager dans les arômes et saveurs du monde.

Les animaux restent la principale attraction du Salon, traditionnellement surnommé « la plus grande ferme de France ».

Dans l’espace basse–cour de race (hall 2.1), les visiteurs pourront s’égayer avec 48 volailles de grande race, 28 de race naine, 7 races d’oies, 13 de canards, 6 de cobayes, 32 de lapins et 52 de pigeons.

Plus d’un millier d’éleveurs sélectionneurs présenteront leurs plus belles bêtes. Le 112e concours des animaux du Concours général agricole verra s’affronter 3945 animaux reproducteurs: bovins, ovins, porcs, poneys, chevaux et ânes, caprins et pour la première fois 2440 chiens représentant 254 races.

« Il s’agit plus que jamais d’un salon du vivant, ancré entre tradition et modernité », a expliqué le président du Salon, Christian Patria, lors de la présentation du SIA.

Les papilles et les neurones ne seront pas pour autant négligées.

Au stand « délices du monde » (hall 3), les visiteurs pourront découvrir les bonbons au piment, les grands whiskies, le fataya du Sénégal ou le thé vert au ginseng de Corée. A elle seule, l’Italie y occupera 550 m2, avec ses huiles, liqueurs, charcuteries et fromages. Le hall 4 sera réservé à l’agriculture biologique et le Concours général agricole des produits, organisé entre le 22 et le 25 février, départagera aussi les meilleures bières.

L’INRA expliquera les influences des changements climatiques et de l’effet de serre sur l’agriculture, les agriculteurs bio vanteront les mérites de l’ortie, le Bureau des Ressources génétiques présentera les méthodes de préservation des ressources génétiques des animaux, végétaux et micro–organismes.

« Nous voudrions que ce soit le salon redonnant du moral aux paysans et des perspectives, mais malheureusement, il y a une conjoncture difficile dans l’ensemble du secteur », a reconnu vendredi Jean–Michel Lemétayer, le président de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA).

Les inquiétudes ne portent plus tant sur la filière des viandes, qui semble s’être bien relevée de la crise de la vache folle, que sur la Politique agricole commune (PAC) et le secteur des coquillages et crustacés.

En effet, les ostréiculteurs français enregistrent une baisse de leurs ventes de 40% en moyenne au niveau national depuis début janvier et l’arrivée sur les côtes de la pollution du Prestige. Une crise de confiance qui touche aussi, paradoxalement, les huîtres de Normandie et de Méditerranée.

« Nous avons installé un vrai parc à huîtres avec de l’eau de mer et les professionnels seront là pour expliquer au public que nos produits sont sains, et leur faire déguster nos huîtres », annonçait jeudi Goulven Brest, le président du Comité national de la conchyliculture.

Et pour finir la journée, les visiteurs exténués pourront s’asseoir un moment pour assister à des démonstrations de découpe de gants selon la tradition de Millau, à la réalisation de bijoux et coiffures en fleurs et feuillages exotiques ou déguster des thés du monde entier.

Comme chaque année, le salon sera inauguré samedi matin, un quart d’heure avant l’ouverture au public, par le président Jacques Chirac et son ministre de l’Agriculture, Hervé Gaymard.

Source : AP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA)
http://www.fnsea.fr/

Institut national de la recherche agronomique (INRA)
http://www.corse.inra.fr/

SIMA de Paris
http://www.simaonline.com/

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