Un écologiste avant l’heure dénonce les vues “à court terme” des gouvernants

Montreux (Suisse), 29 août 2002 – L’écologiste suisse Franz Weber défend l’idée d’un Plan Marshall pour aider les pays pauvres à se développer dans le respect de leur environnement et dénonce les vues à court terme des gouvernants.

Q. A l’heure du sommet de la Terre à Johannesbourg, quelles seraient vos solutions pour un développement durable ?

R. Nous devons faire comme les Américains l’ont fait après la 2e guerre mondiale avec le plan Marshall. Cela a aidé l’Amérique aussi par la suite. Si nous aidons les pays du Tiers monde à faire une industrie écologique pour qu’ils puissent travailler chez eux, on pourrait tout régler. Car ce sont des gens qui désespèrent. Je préconise des caisses de compensation pour aider les pays les plus pauvres à mieux protéger leur nature pour le bien de l’humanité, pour sauver par exemple la forêt amazonienne, le poumon de l’humanité.

Q. Que pensez-vous du déroulement du sommet de Johannesbourg ?

R. J’ai peur que ce soit un bavardage énorme. Chacun demande à l’autre de faire quelque chose. Les Américains, qui sont les plus grands pollueurs, ne veulent rien savoir. Ils veulent continuer à polluer. C’est une monstruosité, un égoïsme sans nom. Ils vont contre leurs propres intérêts. A Johannesbourg, Bush ne vient pas, lui qui devrait proposer des solutions. Je trouve les Américains formidables, mais la classe dirigeante est dangereuse. Seul l’argent compte. C’est inquiétant. Les gouvernements font une politique à très court terme, d’une élection à une autre. Mais la nature, elle s’en fout. Il faut totalement changer notre conception, adopter une autre manière de penser, dans l’intérêt de l’humanité. C’est un voeu réaliste.

Q. Quelle est votre opinion sur les organismes génétiquement modifiés (OGM)?

R. C’est une course au profit. Une course vers la mort, un manque de respect pour tout ce qui nous entoure. L’homme se croit tout permis. Il pense qu’il peut tout mettre à profit avec son intelligence tellement à court terme, au lieu d’étudier la nature à fond. Si vous voulez réguler la nature, il ne faut pas prendre des choses qui détruisent la nature, mais aller dans le sens de la nature.

Source : AFP

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