Un député péquiste se porte à la défense du lisier de porc au Québec

Québec (Québec), 2 décembre 2002 – Le député péquiste de Saint-Hyacinthe, Léandre Dion, estime qu’il n’existe aucune preuve que l’on produit trop de lisier en agriculture au Québec, comme le prétendent certains environnementalistes.

« Je crois au contraire qu’on n’en produit pas suffisamment pour les besoins de l’agriculture durable », soutient le député Dion, dans une lettre ouverte reçue par la Presse Canadienne.

C’est à tort qu’on présente le fumier, en particulier le lisier de porc, comme la cause de la pollution diffuse d’origine agricole, estime M. Dion, qui est président de la Commission parlementaire de l’agriculture, et qui représente à l’Assemblée nationale un des comtés les plus agricoles du Québec.

Pour le député Dion, une partie de la pollution agricole vient des pesticides, insecticides et herbicides qui sont épandus dans les champs, vergers, fraisières et autres cultures.

Quant aux engrais, il faut en distinguer deux sortes: les engrais organiques appelés fumiers, et les engrais inorganiques qu’on associe aux engrais chimiques.

L’utilisation des engrais est nécessaire, sinon il faudrait revenir aux méthodes agricoles des Hurons qui, au 17e siècle, cultivaient le maïs autour de leur village jusqu’à ce que la terre s’appauvrisse au point de devoir déménager le village beaucoup plus loin.

Les engrais chimiques ont été mis au point pour suppléer scientifiquement à la pauvreté du sol et jusqu’à récemment, on se souciait peu des effets secondaires de leur utilisation massive.

Le député Dion évalue que l’usage exclusif d’engrais chimiques « porte atteinte à la vie microbienne qui transforme les minéraux en particules assimilables par les plantes dans leur processus de croissance ».

Mais M. Dion voit un avantage immense dans les engrais organiques comme le lisier.

En agriculture, il faut une épaisse couche d’humus pour permettre à la vie microbienne de se reconstituer. De plus, un sol riche en humus possède une structure qui le rend moins fragile au ruissellement et à l’érosion.

« On ne peut penser à une agriculture intensive moderne sans un apport généreux d’engrais organiques qui assurent l’équilibre et la santé des sols, rappelle le député de Saint-Hyacinthe. Le lisier (de porc) fait davantage partie de la solution que du problème. »

Il faut tout simplement respecter certaines conditions lors de son utilisation. D’une part, le lisier ne doit pas être étendu en trop grande quantité. Il se retrouverait inutilement dans les drains souterrains, dans les fossés et dans les cours d’eau.

Pour éviter le facteur incommodant des odeurs, il faut aussi utiliser certaines méthodes efficaces comme les rampes basses d’épandage et la fixation de toitures sur les fosses à lisier.

Mais le député Dion considère comme « une grande erreur » la croyance des environnementalistes selon laquelle le lisier doit subir un « traitement complet » avant son épandage.

Contrairement au député Dion, certains environnementalistes estiment que la population porcine est trop élevée au Québec, et que les quantités de lisier produites sont trop élevées.

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